06/03/2007


Jean Francois Diné - "De Camoël à Gibraltar" par Victor Diné

On peut commander mon premier livre « Victor le voyageur » dans toutes les librairies. Il ne coûte que 5 euros. C´est ma première navigation en Bretagne.

En plus, je raconte tout ce qu´il y a dans le bateau, ma cabine, celle de Céline et de papa et maman, les cabinets, etc. Il y a
plein de photos. On peut commander aussi les livres de mon papa « Mon képi pour un océan » et « De l´Orénoque à l´Amazone ». Il raconte ses voyages sur les fleuves d´Afrique et d´Amazonie, chez les Indiens, sur un voilier de 10 mètres. Mais je n´étais pas encore né. 

Depuis ma première navigation en Bretagne, je suis retourné à l´école de l´Eau Bonne, en classe de CE1. J´ai retrouvé mes copains, Alexis, Quentin, Benjamin, Sirazi et tous les autres. Lorsqu´ils ont vu que j´avais écrit un livre, ils ont été très étonnés. Dans mon école, tout le monde l´a lu, même les maitresses. 

Je n´ai toujours pas d´amoureuse. Il y en a qui en ont, mais pas moi. J´ai quand même une amie, Claudine, mais ce n´est pas une amoureuse. 

En fait, je suis un garçon sérieux. Mais j´aimerais quand même bien avoir une amoureuse. Céline, ma petite soeur, est en cours préparatoire. Elle voudrait aussi écrire un livre. Papa lui dit qu´elle peut écrire le prochain avec moi. Mais je n´ai pas très envie, car c´est mon livre, et je préfère l´écrire tout seul. 

Et puis j´aime bien faire des dédicaces, surtout à la fête de la pomme et au salon de la navigation. Folle Avoine est resté en Bretagne. C´est un peu loin, et on ne peut pas y aller souvent. L´école va bientôt être terminée. Nous allons pouvoir retourner naviguer.
 

La traversée (Première partie) 

Ça y est, c´est les vacances. Nous faisons nos bagages et partons en voiture au port de Camoël. 

Nous allons traverser le golfe de Gascogne. Tout le monde est en forme. Je suis content d´aller naviguer. J´attends cela depuis longtemps. 

Le bateau est sur la terre. Papa l´a déjà préparé pour le départ. Le patron du chantier prend son tracteur et l´emmène sur la Vilaine. Je suis très heureux. Enfin, nous partons en mer. 

Il fait très beau. C´est l´été. En plus, il y a du vent. J´aide papa à repérer les balises. 

On voit déjà Belle-Île. Maman a le mal de mer. Elle prend un bocal en verre pour vomir dedans. Un bocal, c´est plus pratique qu´un sac en plastique car on peut s´en resservir tout le temps. 

À midi, je vois toujours une ligne sur l´horizon. Papa dit que c´est Belle-Île. Maman dit « Encore Belle-Île... ». Enfin, on ne voit plus que le ciel et l´eau.
 

La nuit arrive. Papa reste sur le pont pour surveiller les cargos. Il a toujours peur qu´il y en ait un qui nous rentre dedans. Moi, je vais me coucher dans ma cabine. 

Papa m´appelle. Il a besoin de moi. Il n´ose pas réveiller maman et Céline qui dorment, car, quand elles dorment, elles n´ont pas le mal de mer. Il n´y a que moi qui peux l´aider. 

Il faut mettre le tangon. Un tangon, c´est un tube en aluminium qui sert à maintenir le génois* pour qu´il se gonfle bien. 

Nous nous attachons tous les deux avec des harnais car il ne faut pas tomber à l´eau, surtout la nuit. 

J´ai un peu peur lorsque je regarde les vagues, car nous sommes tout seuls sur la mer. Tout est noir. Même les grosses vagues. En plus, l´eau est froide et dedans il y a des poissons très gros. Vraiment, il ne faut pas tomber à l´eau ! 

* J´ai mis un petit lexique pour les mots un peu compliqués, à la fin du livre, comme sur « Victor le voyageur ». 

Les gros poissons 

Le lendemain matin, je suis assis sur le pont. Papa règle les voiles. Tout à coup, une bande de dauphins apparaît à bâbord. Je suis très content. J´appelle Maman et Céline. Maman a encore le mal de mer, mais elle vient quand même voir les dauphins. 

Ils sautent à la surface de l´eau. Ils sont très gros. Il y en a qui passent au-dessous du bateau, puis qui nagent juste à côté. C´est exactement comme dans les films. 

C´est la première fois que je vois des dauphins. C´est dommage, ils ne restent pas très longtemps. J´espère qu´ils reviendront.
 

Céline a le mal de mer quand le bateau bouge de trop, et aussi lorsqu´elle est sur la cuvette des WC. C´est pour cela qu´on a acheté un pot de chambre. C´est bizarre, car quand elle est sur le pot de chambre, elle n´a pas le mal de mer. Mais moi, j´ai toujours peur qu´elle le renverse dans le bateau... 

J´entends un bruit d´avion. Je me retourne. C´est un petit avion. Il passe au moins trois fois près de Folle Avoine, puis il s´en va. C´est très étrange. 

Le lendemain matin, je surveille encore les cargos, mais je n´en vois pas un seul. Papa a surveillé toute la nuit, et il dort. Le bateau bouge beaucoup. Céline et maman ont encore le mal de mer. Il n´y a que moi qui peux surveiller. J´ai mon gilet de sauvetage et je suis attaché avec le harnais. 

Tout à coup, le voilier cogne sur quelque chose. Je crois que c´est un rocher, mais je vois un très gros poisson. J´appelle tout de suite papa. Il est déjà réveillé à cause du choc. Il monte dans le cockpit. Il croit que c´est une baleine. 

En fait, ce n´est pas une baleine, mais une bande de cachalots. J´ai peur qu´il y en ait un de blessé. Mais je ne vois pas de sang dans l´eau. Je suis rassuré. 

Ils sont plusieurs à s´amuser à la surface. Ils sont très gros. Papa dit que c´est sans doute la saison des amours. 

C´est dommage que le voilier aille trop vite parce que les cachalots s´éloignent rapidement.
 

La traversée (dernière partie) 

Cela fait deux jours que nous sommes partis. Maman a toujours le mal de mer, mais peut-être un peu moins, car, cette nuit, je ne l´ai pas entendue vomir du tout. 

C´est seulement Céline qui a vomi. Papa avait fait des crêpes, et elle en a mangé de trop. Elle a mis du vomi partout sur la couverture et sur son gilet de sauvetage. Papa a tout nettoyé. 

Un oiseau tourne autour du bateau, puis se pose sur le panneau solaire. 

C´est un pigeon. Il a deux bagues à ses pieds, une verte et une grise. C´est peut-être un pigeon voyageur. Papa essaye de le prendre dans sa main, mais il n´y arrive pas. Le pigeon saute sur le pont et fait le tour du bateau en marchant. Il a l´air très fatigué. Il arrive peut-être de très loin. Nous l´appelons Plumeau. 

La nuit va bientôt arriver. Nous mettons un peu à manger devant lui, puis nous le laissons se reposer. 

J´aimerais bien pouvoir aller dans ma cabine quand je suis fatigué, car j´ai des livres pour lire. Mais comme elle est au bout du bateau, ça secoue de trop. Alors maintenant je dors sur le canapé.
 

Le lendemain matin, quand je me réveille, Plumeau est parti. Nous sommes encore loin de la terre, j´espère qu´il pourra aller jusqu´au bout de son voyage. 

Papa nous avait dit qu´en mer on doit se laver avec de l´eau de mer, et puis se rincer avec de l´eau douce. Mais en fait, depuis que l´on est parti, on ne s´est pas lavé du tout. Comme ça c´est plus facile. 

Papa est en train de dormir et c´est encore moi qui surveille les cargos. Je n´en ai pas encore vu un seul depuis trois jours. 

Tout à coup, je vois une ligne dans les nuages. J´appelle papa. Le bateau se rapproche de plus en plus. C´est une montagne. Nous arrivons en Espagne. Je suis très content, je vais pouvoir mettre mes pieds sur la terre. 

Escales 

C´est seulement l´après-midi que nous nous arrêtons près d´une plage. Nous descendons du bateau avec notre petite barque et nous partons nous promener. 

Lorsque nous revenons, il y a plein de brouillard. On ne voit même plus le bateau. Heureusement, nous arrivons à le retrouver en ramant avec notre annexe. 

Nous restons deux jours, puis nous repartons. Comme il n´y a pas de vent, papa met le moteur. 

Papa et moi, nous voudrions aller directement à Gibraltar, sans nous arrêter.
 

Mais Maman et Céline ne veulent pas. Elles préfèrent s´arrêter la nuit pour dormir dans un port. Nous sommes donc obligés de faire des escales tous les soirs. 

Nous arrivons dans le port de Camarinas. Il y a deux énormes rochers à l´entrée. Le deuxième est plein de caca de mouettes. C´est bizarre, ils font toujours caca sur le même rocher. Ça fait tout blanc ! 

Nous avons de la chance car il y a une fête avec un grand repas sur le port. Nous mangeons des sardines grillées avec du pain espagnol. 

Heureusement que papa parle l´espagnol, sinon on ne pourrait rien comprendre à ce que les gens nous disent. 

Le lendemain matin, les pêcheurs du village vont chercher une statue dans une église en dansant. Ils la mettent sur un bateau de pêche tout décoré, puis ils s´en vont en mer. Nous les suivons avec notre bateau. 

Ils jettent des fleurs à la mer pour les marins qui sont morts, puis ils tournent autour avec leur bateau. Après, ils rentrent au port et font péter plein de pétards. Ils disent que c´est pour que la Vierge les protège lorsqu´ils sont en mer. 

C´est bizarre, les Espagnols mangent à 14 heures 30. Mais moi j´ai faim à midi. Et il faut que j´attende ! 

La Galice (Région située au nord-ouest de l´Espagne) 

Ce matin, le vent vient du sud-ouest. Nous devons mettre le moteur en même temps que les voiles. Sinon, nous ne pouvons pas avancer. 

En plus de cela, il n´y a pas beaucoup de balises en Espagne. 

Papa aperçoit un rocher juste devant le bateau. On dirait une dent énorme qui sort de l´eau pour nous croquer. Il a juste le temps de tourner la barre pour l´éviter. On a eu très peur !
 

Nous arrivons à Baiona dans la nuit. Heureusement que je suis là pour aider papa, parce que Maman et Céline dorment, et il y a plein de corps-morts. Il faut faire attention. 

Le lendemain, nous allons visiter le château où Christophe Colomb est arrivé avec son bateau, en revenant d´Amérique du Sud. Nous arrivons à une porte où il faut payer. Un monsieur dit à papa que c´est deux euros. Papa demande à maman de payer car c´est elle qui a le porte-monnaie. 

Il y a beaucoup d´escaliers dans ce château. Nous en descendons un qui tourne en rond, et nous nous retrouvons sur des rochers près de la mer. Il y a un autre escalier qui mène au donjon, ensuite on se retrouve dans un jardin très beau.
 

Après le château, nous visitons le bateau de Christophe Colomb. 

Il est bizarre, il y a deux barres. C´est peut-être pour con
duire à l´intérieur quand il pleut. 

À l´intérieur, il y a des mannequins d´indiens avec des arcs et des flèches. 

Maman se demande pourquoi le plancher est si haut. En plus, j´ai failli tomber. Heureusement qu´il y avait une échelle pour me retenir. 

J´ai vu l´ancre, elle est énorme pour un bateau grand comme ça. 

Le Portugal 

Nous repartons lendemain matin et arrivons le soir au port de Leixoes, au Portugal. 

C´est un grand port pour les cargos. Ça sent mauvais. J´espère que l´on ne va pas y rester longtemps. Il y a une marina, mais papa préfère jeter l´ancre dans un coin, car c´est gratuit. 

En fait, papa n´aime pas payer lorsque c´est trop cher. Surtout que nous avons acheté une nouvelle ancre avant de partir. Et on ne paie jamais lorsque le bateau est sur son ancre. 

Nous débarquons sur une petite plage très sale où il y a plein de détritus. C´est comme une décharge publique... On ne va pas rester longtemps !
 

Nous allons à la police montrer les papiers du bateau. Lorsque l´on sort du bureau, un monsieur français nous dit que la marina est gratuite car ils font des travaux. Papa est très content. Nous retournons au bateau et le mettons dans la marina. 

Le lendemain, papa et maman veulent aller visiter la ville de Porto. Céline et moi on n´a pas envie. On voudrait plutôt aller se baigner. Mais papa et maman ne veulent pas. Ils veulent absolument aller à Porto en autobus. Et nous, nous sommes obligés d´aller avec eux. 

J´en ai marre de marcher. En plus, c´est très sale dans la ville. Il y a même des endroits où ça sent le pipi... Heureusement, papa nous achète des glaces à la fraise et au citron. 

Il y a quand même quelque chose de bien à Porto, un pont tout en fer qui traverse la rivière. 

Nous partons au bout de quelques jours. Il y a du vent. On peut faire de la voile sans moteur. J´aime bien quand il n´y a pas le moteur. Il n´y a pas de bruit. 

Nous arrivons à Sao Martino. Il est bizarre ce port ! C´est comme un trou dans une dent. Papa dit que c´est la tempête qui l´a creusé dans la roche. 

Nous traversons des falaises et nous nous retrouvons dans un lac avec des plages tout autour. Il y a plein de monde sur les plages. Nous jetons l´ancre, puis allons faire des châteaux de sable. Céline et moi nous adorons faire des châteaux de sable. 

C´est bizarre, il n´y a pas beaucoup de dames portugaises qui montrent leurs gougouttes, mais il y en a qui ont des maillots de bain tout petits riquiqui.
 

La capitale 

Quelques jours plus tard, nous arrivons à Cascais. Papa et maman nous emmènent nous amuser dans un jardin très beau où il y a des balançoires et des toboggans. Il y a aussi un mini zoo avec des oiseaux. 

Lorsque nous sortons du parc, papa se met à courir. Je demande à maman ce qui se passe. Elle me dit que le vent a changé de direction et il souffle très fort. Et comme papa n´a pas mis beaucoup de chaîne à l´ancre, il a peur que le bateau s´écrase sur les rochers. 

Mais le bateau n´a pas bougé. Papa s´en va remettre de la chaîne, puis nous retournons nous promener. 

Mais, lorsque nous revenons, il y a des grosses vagues sur la plage, et c´est très difficile de monter dans l´annexe, surtout avec les sacs de courses. Maman a très peur. Heureusement, nous y arrivons quand même, mais papa est tout mouillé. 

La nuit, le bateau n´arrête pas de bouger. C´est comme quand on navigue, sauf que l´on n´avance pas. Maman a encore le mal de mer. Elle emporte son bocal dans le lit pour vomir. 

Le lendemain, elle est très contente lorsque l´on s´en va. Il y aune rivière pas loin. Nous passons sous un gigantesque pont, en même temps qu´un paquebot. Puis nous jetons enfin notre ancre dans un petit port.
 

Il n´y a presque personne ici, seulement des bateaux portugais et un petit voilier français. Pourtant, c´est gratuit ! C´est bizarre... 

Le lendemain, nous allons visiter Lisbonne, la capitale du Portugal. C´est super, nous montons dans des tramways, des autobus, et même dans le métro. Nous visitons une grande tour en fer du haut de laquelle on peut voir toute la ville. J´ai le vertige. J´ai peur que la tour tombe parce qu´elle est très vieille. Il y a même un ascenseur qui ne marche plus. 

À la fin de la journée, nous faisons le tour des murailles d´un grand château. Nous regardons le coucher de soleil. Il y a un grand trou dans une tour. Papa dit que ce sont peut-être les oubliettes. 

Une oubliette, c´est pire qu´un cachot. C´est un trou très profond dans lequel il n´y a pas de fenêtre, c´est tout noir, et il y a même des
rats. On y jetait des gens qui avaient fait de grosses bêtises. On les laissait parfois sans manger, et même sans boire, durant quelques jours. Heureusement, maintenant on ne s´en sert plus. 

Le lendemain, nous rencontrons un monsieur sur le port. Papa lui dit bonjour en portugais, mais il répond en français. Il s´appelle Yves. Il voyage depuis dix ans avec Paulette sur un tout petit voilier. Dedans, il y a tout, même des cabinets. Ils sont très gentils. 

Yves m´apprend à faire un noeud. Il était prof de boulangerie. J´aurais bien aimé qu´il apprenne à maman à faire des croissants. Il lui montre quand même comment faire des yaourts. J´en ai goûté un, c´est très bon. 

Nous partons et naviguons durant plusieurs jours en nous arrêtant seulement la nuit pour dormir dans des ports, car maman et Céline n´aiment pas naviguer la nuit.
 

L´Algarve (Province située au sud du Portugal) 

Enfin, nous arrivons à l´île de Culatra. C´est la fête des pêcheurs. 

Nous visitons le village. C´est bizarre, on se croirait au temps des cow-boys. Il y a beaucoup de rues avec plein de sable, et les maisons sont toutes petites. C´est comme un labyrinthe. Il y a même une place avec des balançoires et un grand toboggan, mais le toboggan ne glisse pas. On peut descendre jusqu´en bas en marchant ! 

Le lendemain, nous allons à la fête. Il y a des jeux pour les enfants. On leur met de la farine sur le visage, puis ils plongent la tête dans une grande bassine d´eau et ils essaient de ramasser des pièces de monnaie dans le fond. 

C´est très difficile, mais s´ils y arrivent, la pièce est pour eux. 

Il y a aussi un monsieur qui tient un bâton avec un fil au bout duquel il y a un billet de cinq euros. Celui qui arrive à attraper le billet avec les dents le garde pour lui. 

Et puis il y a une course de bateaux à rames. Papa croyait que c´était une bataille de bateaux, mais c´est seulement une course. 

Après, c´est la procession. Ils prennent une statue dans la petite église, et ils la promènent dans un bateau de pêche, comme à Camarinas. 

Il y a des centaines de bateaux qui suivent. Il faut faire attention à ne pas avoir d´accident, surtout que c´est moi qui tiens la barre quand papa prend des photos.
 

Nous restons quelques jours, puis repartons vers le sud. Nous traversons le golfe de Cadix et arrivons en bas de l´Espagne. 

Parfois, il y a beaucoup de vent, et les vagues sont très grosses. J´ai même un peu peur. 

Nous passons le cap de Trafalgar. C´est ici que les Anglais ont coulé beaucoup de bateaux français au temps de Napoléon. Heureusement qu´un marin français à réussi à tuer leur chef. 

Je vois des montagnes au loin, devant le bateau. Je me demande si c´est une île ou quoi... Tout à coup, papa me demande de regarder là... Il me dit que c´est le nord de l´Afrique. Tout le monde regarde, même Maman et Céline. Je suis très content, c´est la première fois que je vois l´Afrique. 

Au même moment, des dauphins arrivent vers nous. C´est bizarre parce que ces dauphins-là sont très noirs. 

Papa me disait qu´il y avait toujours du vent dans le détroit de Gibraltar. Mais aujourd´hui, il n´y en a pas. Papa s´est trompé. Alors nous mettons le moteur, car le bateau n´avance pas. En plus, il n´y a pas beaucoup de gazole dans le réservoir. Papa voulait faire le plein à Gibraltar car c´est moins cher. 

Le moteur tombe en panne. Nous sommes obligés d´avancer avec les voiles, mais c´est très long. Nous posons l´ancre dans le port de Tarifa. 

Papa n´arrive pas à faire redémarrer le moteur. Heureusement, le monsieur du bateau d´à côté est mécanicien. Ça tombe bien. Il s´appelle aussi Jean-François. Mais c´est dur. Ils doivent travailler toute la journée, et enfin le moteur démarre.
 

Gibraltar 

Nous repartons vite pour Gibraltar car le vent va tourner. Papa me dit que Gibraltar c´est un gros rocher plein de singes. En fait, c´est juste à côté de Tarifa. On aurait même pu y aller seulement avec les voiles. 

Gibraltar, c´est un bout de terre qui appartient aux Anglais. Lorsque nous débarquons. Il y a deux messieurs qui frappent des pieuvres sur un rocher. Ils disent que c´est pour les nettoyer. C´est très bizarre ! 

Il faut beaucoup marcher pour visiter ce rocher. Et en plus il y a du soleil, et il fait très chaud. 

Enfin, nous arrivons là-haut. Il y a vraiment beaucoup de singes. Quand je m´approche d´eux, ils font des grimaces rigolotes. 

Nous allons ensuite au château tout en haut du rocher. Nous entrons dans un nuage. On ne voit plus rien d´un côté. En plus, il y a plein de vent. Je donne ma casquette à maman pour qu´elle ne s´envole pas. 

Nous redescendons sur un petit chemin. Tout à coup, à droite, j´aperçois une caverne. Je rentre dedans avec papa et Céline. Maman n´a pas envie d´y aller car elle a la trouille. C´est tout noir. On croirait même qu´il y a des fantômes. 

Au bout de la caverne, il y a un trou dans la pierre. C´est comme une fenêtre. Mais il n´y a pas de canons. Peut-être que les Anglais les ont enlevés. 

Sur le chemin du retour, nous voyons encore plein de singes. Il y en a un qui s´approche de maman en courant et lui prend un sac de gâteaux !
 

Maman le tape avec un bâton et il relâche le sac. 

Heureusement que maman avait le bâton, sinon, le singe aurait pu s´en aller avec le sac de gâteaux ! 

Quelques jours plus tard, nous allons cueillir des figues de barbarie. Ce sont les fruits des cactus. Je ne pouvais pas imaginer que les cactus pouvaient avoir des fruits. Mais il faut faire très attention quand on les cueille car il y a de toutes petites épines qui s´enfoncent dans les doigts. Ça fait très mal, et c´est très difficile de les enlever. Mais c´est très bon quand on les mange ! 

Kiki 

Pendant que nous faisions des châteaux de sable sur la plage, papa est parti tout seul à Gibraltar, et il nous a fait une grande surprise. 

Il nous a ramené un petit chien. Je suis très content. Il est tout petit. Il a de longs poils et une petite queue. Ses pattes de derrières ressemblent à des pattes de lapin. Il a une petite tête. Il aime bien mordiller. Il a des petites dents, mais je ne sais pas s´il voit bien clair car il y a des poils qui tombent sur ses yeux. C´est Céline et moi qui nous nous en occuperons. 

Nous l´appelons Kiki. C´était le nom du chien de maman quand elle était petite. Et puis il est tout petit rikiki. C´est aussi pour cela que nous l´appelons Kiki.
 

J´ai toujours voulu un chien. Mais papa ne voulait pas d´un gros chien parce que lorsque l´on prendra l´avion pour aller rejoindre Folle Avoine, si on a un gros chien, il devra aller dans la soute à bagages, avec les valises. 

Et à l´aéroport de Roissy-en-France, avant de mettre les animaux dans les soutes à bagages, on les passe dans des gros appareils à rayons X, comme des valises, pour voir s´il n´y a pas de bombe dedans... 

On ne le dit même pas au propriétaire. Personne ne le sait. C´est monstrueux. Et moi je ne veux pas que mon Kiki aille dans l´appareil à rayons X comme une valise. Après il aura des cancers. 

Je le marque dans mon livre pour que tout le monde le sache. 

Le royaume 

Le Maroc n´est pas loin de Gibraltar. Nous y sommes en une après-midi. Je suis content, c´est le premier pays d´Afrique où je vais mettre les pieds. Dans le port où nous arrivons, les maisons sont très belles. Il y a plein de beaux bateaux avec des dames presque toutes nues. Mais je crois que ce n´est pas le vrai Maroc. 

Nous allons à la capitainerie pour montrer les passeports. Tout à coup, Kiki fait un gros pipi dans le couloir. Un gros marocain marche dedans. Il n´est pas content. Il rouspète. La dame de la capitainerie n´est pas contente non plus. Je vais chercher du papier pour nettoyer.
 

Nous visitons le Maroc en autobus. Nous allons à Tétouan. Il y a plein de militaires et de policiers partout. Un policier nous dit que le roi est en vacances, et qu´il va peut être passer par ici. 

Nous visitons la médina. C´est comme un grand labyrinthe avec de toutes petites rues. Il y a plein de petits commerçants. On peut trouver tout ce que l´on veut ici. 

Maman achète un chapeau de paille et un panier pour Kiki. Nous nous arrêtons près d´un marchand qui vend plein de choses bizarres : Des lézards séchés, des carapaces de tortue, des pattes de coq séchées, des pattes d´araignée aussi, etc. Nous lui demandons à quoi cela peut servir. Il dit que c´est pour faire de la magie noire. 

Par exemple, si quelqu´un veut qu´une fille soit amoureuse de lui, il fait brûler un petit bout de lézard séché avec un bout de carapace de tortue et quelques pattes d´araignée. Ensuite, il faut que la fille respire la fumée. Il dit que ça marche à tous les coups. Mais moi je n´y crois pas. 

Nous voyons un drôle de vélo. C´est pour un handicapé qui n´a pas de jambes. Il y a des pédales à la place du guidon. Il peut pédaler avec les mains.
 

Le vrai Maroc 

Nous faisons la connaissance de Jaffar. Il nous fait entrer dans sa maison. C´est une maison très pauvre. Je ne croyais pas que des maisons comme celle-là pouvaient exister. 

Les cabinets sont tout petits. Et il n´y a pas d´eau. Ça sent le moisi partout. Il n´y a qu´une toute petite fenêtre. La cuisine est toute petite. Il y a un vieux buffet. C´est le seul meuble. Il dort sur une couverture par terre avec toute sa famille. 

Et ici, presque tous les gens vivent comme ça. C´est triste, car dans le port où est le bateau les gens sont très riches. C´est très bizarre. Je ne comprends pas pourquoi c´est comme ça ici. 

Ensuite, nous sortons et nous marchons, marchons. Et j´en ai marre... Bon, puisque c´est comme ça, je veux aller faire pipi. Nous trouvons les toilettes à côté de la mosquée. Les murs sont moisis et les cabinets n´ont pas de chasse d´eau. 

C´est pratique ça ! Je fais pipi, et hop ! J´ai fini... C´est bien pratique, mais c´est quand même très pauvre. 

Nous ressortons de la médina. Il y a encore plein de policiers dans les rues. Le roi n´est pas encore passé, mais personne ne sait quand il passera. Alors nous attendons aussi, car je veux le voir.
 

Papa sort l´appareil photo. Trois personnes lui sautent dessus en disant :
« Police, vous n´avez pas le droit de prendre des photos ». 

Papa range tout de suite l´appareil dans son sac car ils ont l´air très méchant. 

Enfin, le roi arrive. C´est un petit gros avec des lunettes noires. C´est lui qui conduit. Maman croyait que c´était le chauffeur. 

Les gens nous disent qu´il est très gentil. 

Le retour 

Il ne reste que quelques jours avant de retourner à l´école. Nous devons chercher un endroit pour laisser le bateau. Mais comme il n´y en a pas au Maroc, nous retournons en Espagne. 

Il y a trop de brouillard, alors nous nous arrêtons à Ceuta. Nous rencontrons deux enfants sur un voilier, Servan et Yago. Ils ont de la chance, ils ne vont pas à l´école. C´est leur papa et leur maman qui leur font l´école sur le bateau. Comme ça, ils peuvent aller jusque dans l´océan Pacifique. Ils sont devenus nos amis. On a bien rigolé avec eux. 

C´est dommage que l´on ne reste pas longtemps.
 

Nous partons pour Almérimar. Il y a encore plein de brouillard. Papa dit qu´il faut faire attention aux cargos. Nous entendons le bruit d´un moteur. Tout-à-coup, un gros cargo passe juste à côté de nous. J´ai très peur. Il est énorme, mais on ne le voit presque pas. 

Le brouillard s´en va tout doucement. Tant mieux. Nous arrivons à Almérimar. C´est le plus grand port du coin. J´espère qu´il y aura de la place pour mettre Folle Avoine car les vacances sont presque terminées. 

On nous donne une petite place, mais papa et maman ne sont pas contents car c´est cher. Mais c´est quand même bien car il y a un magasin pas loin. 

Nous rangeons bien le bateau, puis nous rentrons à Dammartin-en-Goële en autobus. Les vacances sont vraiment terminées. 

Epilogue 

C´était bien sur le bateau, mais je suis quand même heureux de retrouver notre maison, ma chambre et le jardin. 

Nous ne sommes pas encore allés en Amazonie, mais je suis quand même content car j´ai vu l´Afrique du Nord. 

Papa m´a dit que l´année prochaine, je ferai aussi l´école dans le bateau, comme Servan et Yago, comme cela on pourra partir plus longtemps. 

Maman et Céline en ont assez de vomir. Alors je partirai tout seul avec mon papa, et elles nous rejoindront en avion. Mais on ne sait pas encore où on ira. Ce sera peut-être en Egypte, ou en Amérique du Sud. Je vous raconterai ça sur mon prochain livre. 

Maintenant, je suis au CE2 avec une nouvelle maîtresse, Melle Chesné. Je dois bien travailler si je veux aller faire des dédicaces au salon de la navigation de Paris, comme l´année dernière, et faire l´école sur le bateau au printemps prochain. 

Vous pouvez m´écrire sur mon adresse Email : DineVictor@aol.com 

A bientôt... 

Dossier technique

Je vais t´expliquer comment on peut savoir si un cargo risque de nous rentrer dedans, ou plutôt s´il fait ce que l´on appelle une « route à collision ». 

C´est important de connaître la méthode, car si ton papa dort et que c´est toi qui surveilles, tu dois être capable de te débrouiller tout seul pour assurer la sécurité de ta famille. 

En fait, c´est tout simple. Il suffit de prendre le compas de relèvement et de faire un relèvement du cargo. 

Pour ceux qui ne sont pas marins, un compas de relèvement, c´est une boussole manuelle que l´on utilise sur les bateaux. 

Un relèvement, c´est l´angle entre le nord et une direction quelconque. Pour nous, c´est la direction du cargo qui nous intéresse. 

Lorsque tu vises le cargo avec le compas, tu peux lire le relèvement qui s´affiche dessus.
 

Ensuite, tu attends un peu, une minute ou deux, puis tu prends un second relèvement de ce cargo. 

Si le second relèvement est identique au premier, c´est-à-dire si le chiffre qui s´affiche sur le compas est le même, c´est que le cargo fait une route à collision. Il faut alors tout de suite réveiller ton papa pour qu´il modifie le cap du bateau. 

Pendant notre voyage, nous n´avons pas vu beaucoup de cargos, sauf dans le détroit de Gibraltar où il y en a un qui m´a fait un peu peur, à cause du brouillard. Ailleurs, les seuls que l´on a vus ne faisaient pas de route à collision. 

Mais papa a toujours peur qu´il y en ait un qui nous rentre dedans. Il faut donc toujours surveiller. 

Lexique 

Ancre : Gros crochet en fer que l´on jette dans l´eau pour qu´il se fixe dans le sol et immobilise le bateau.
Annexe : Petite barque servant à descendre à terre lorsque le bateau est au mouillage sur son ancre.
Barre : C´est ce qui sert à diriger le bateau. C´est un peu comme le volant pour une voiture.
Cap : Direction que prend le bateau.
Capitainerie : C´est le bureau où se trouve le capitaine du port.
Cargo : Gros bateau qui transporte des marchandises.
Carré : C´est la salle à manger du bateau. C´est là que j´écris mon livre.
Cockpit : C´est l´endroit où l´on peut s´asseoir sur le pont. Il y a la barre à roue et la table pour manger dehors.
Compas : C´est la boussole du bateau. Sur un bateau, Il y a deux sortes de compas : Le compas fixe, c´est un gros compas qui est fixé dans le cockpit, et le compas de relèvement qui est un compas à main comme sur les photos de la page précédente.
Corps-mort : Un corps-mort, c´est une bouée qui flotte et sur laquelle tu peux amarrer le bateau. Elle est retenue au fond par un gros bloc de béton.
Escale : L´escale, c´est quand le bateau s´arrête, et que l´on peut aller se promener sur la terre.
Harnais : C´est une sangle avec laquelle on peut s´accrocher au bateau pour ne pas tomber à l´eau.
Génois : C´est une voile qui se met à l´avant du bateau. Sur Folle Avoine, il n´y a que deux voiles, le Génois et la Grand-voile.
Grand-voile : C´est une voile qui se monte contre le mât.
Marina : C´est un port pour les bateaux de plaisance, comme Folle Avoine. C´est très bien, il y a un robinet et une prise électrique. Mais il faut payer si on veut mettre son bateau. Et des fois c´est cher.
Mouillage : Un bateau est au mouillage lorsqu´il est amarré sur
son ancre.
Paquebot : Gros bateau qui transporte des passagers.
Tangon : C´est comme un grand bras en aluminium qui sert à maintenir le génois pour que le vent puisse bien le gonfler. 

Sommaire 

A Dammartin en Goële - 5
La traversée (première partie) - 9
Les gros poissons - 14
La traversée (dernière partie) - 21
Escales - 26
La Galice - 3
Le Portugal - 38
La capitale - 45
L´Algarve - 53
Gibraltar - 61
Kiki - 66
Le royaume - 70
Le vrai Maroc - 77
Le retour - 80
Epilogue - 84
Dossier technique - 88
Lexique - 92 

Auteur : Victor Diné
Editions Eau d´Automne 

Ces livres, parus aux Editions Eau d´Automne, peuvent être commandés dans votre librairie habituelle. Ils sont distribués par : CASTEILLA
Tél. : 01 30 14 19 40 et 50
Fax : 01 34 60 31 32 

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