19/01/2007


Salon mer et montagne d'Avoriaz - La mer et la montagne, des environnements à préserver

S´il y a bien un dénominateur commun entre marins et montagnards, c´est la nature de leur activité, en contact permanent avec ...

... les grands espaces, qu´ils soient liquides ou terrestres. Ces deux populations évoluent dans un environnement naturel dont la virginité laisse parfois à désirer et sont de fait les témoins sensibles de l´état de notre planète. Tel était le thème du débat organisé jeudi soir à l´Office du Tourisme d´Avoriaz, à la veille du `clap de fin´ des Rencontres Mer et Montagne 2007. Vendredi après midi, après une ultime journée sur les pistes, la plupart des navigateurs ont en effet repris le chemin de l´océan. 

Sur le thème de la préservation de leur terrain de jeu et de leur cadre de vie, le consensus était clair entre nos invités. Tous ont d´abord fait le constat d´une certaine dégradation des paysages naturels. Anne Quéméré, Christine Briand et le peintre Gildas Flahault, entre autres, se sont alarmés de l´état du littoral et du fléau que représentent les déchets de plus en plus nombreux sur les plages de l´Atlantique et de la Méditerranée. 

Pas seulement sur les côtes, mais aussi en pleine mer. Anne Quéméré (une traversée de l´Atlantique à la rame, une autre en kyte) : « A la rame, comme on est très lent, on croise énormément de choses en mer. Ce sont parfois de vraies déchetteries. Je me suis trouvée une fois dans une véritable forêt de bouchons jaunes. Des milliers de petits bouchons jaunes qui flottaient à la surface ». 

Franck Cammas, de son côté, évoque une autre forme de pollution, d´autant plus insidieuse qu´elle est invisible, celle des déchets chimiques : « voir en mer des poissons morts, c´est encore plus grave à mon sens que de croiser des sacs poubelle ». 

En mer, une prise de conscience récente
Si la voile a une image de sport écologique - son moteur, le vent, est une énergie renouvelable par excellence -, les matériaux utilisés pour construire et entretenir les bateaux (carbone, polyester, résines, peintures, plastique) le sont beaucoup moins, d´où le problème crucial du recyclage de ces matériaux. « Il n´y a pas de casse pour les bateaux qui sont laissés à l´abandon » fait remarquer l´architecte naval Vincent Lauriot Prévost. De plus en plus, néanmoins, les ports commencent à s´équiper pour récupérer les eaux noires, les huiles de vidange des moteurs et les déchets générés par le nettoyage (carénage) des bateaux. Les voiles usagées peuvent être recyclées pour fabriquer des sacs, des cabas, voire des vêtements, à l´instar de la société Ecomer à la Rochelle, citée par Christine Briand. 

De leur côté, les marins tentent d´apporter leur contribution. Mais cette prise de conscience est relativement récente. Il y a une vingtaine d´années, certains navigateurs n´hésitaient pas à jeter par-dessus bord leurs déchets. Récemment, des associations de préservation de la nature, des chartes entres coureurs et plaisanciers ont vu le jour, pour que cessent ces mauvaises habitudes. Dans la plupart des courses, obligation leur est faite de ramener leurs poubelles au port. La Fédération Française de Voile a intégré un paragraphe dans les Instructions de Course (les documents qui régissent les règles d´une épreuve) interdisant de jeter des déchets en mer. 

Il reste encore énormément de choses à faire mais « les petits ruisseaux peuvent faire de grandes rivières » insistait Grégoire Even du WWF. 

En montagne, un constat relativement positif
Frédéric Buet, guide de haute montagne et moniteur de l´ESF, intervient depuis six ans aux Rencontres Mer et Montagne. Il témoignait quant à lui de son milieu, avec une note relativement positive. « Sur une route très fréquentée comme celle du Mont Blanc, c´est la surpopulation qui fait que c´est sale. Je sais qu´auparavant, pour des sommets comme l´Himalaya, les camps de base étaient de vrais dépotoirs. Désormais, les expéditions reviennent avec leurs déchets, leurs bouteilles d´oxygène. Je travaille ici depuis 20 ans, que ce soit l´été ou l´hiver et je trouve que par rapport au nombre de gens qui passent, c´est plutôt propre. Je constate que les enfants sont très sensibles à l´environnement par exemple. Parfois, je fais un petit test en compagnie de mes stagiaires : je jette ma bouteille d´eau. Et bien la plupart du temps, je me fait engueuler... » 

Le peintre Gildas Flahault était plus radical dans son analyses et prônait quant à lui une révision de notre mode de vie et de consommation : « Le rôle d´un artiste, c´est parfois de lancer des idées loufoques qui peuvent avoir un caractère politique. Je pense que l´homme n´est pas spécialement sage et qu´il ne réagit que lorsque cela devient vraiment dangereux pour lui. Le naufrage de l´Erika - en décembre 1999, créant une marée noire sur les côtes bretonnes - ce n´est pas seulement la responsabilité d´une compagnie pétrolière, c´est aussi notre responsabilité...Peut-être l´homme doit-il se préparer à entrer dans une nouvelle ère. » 

Ce débat sur l´environnement auquel participait Annie Famose (Présidente de l´Office du Tourisme d´Avoriaz et ancienne championne olympique de ski), coïncidait avec le Forum International sur l´Environnement qui débute aujourd´hui à Avoriaz. Créé il y a 40 ans sous des principes déjà novateurs (absence de voiture dans la station, isolation des bâtiments avec des matériaux naturels- le bois-) Avoriaz se livre à de nouvelles réflexions pour améliorer encore la qualité de vie des vacanciers. 

Le rideau tombe, rendez-vous l´année prochaine !
Cette journée de vendredi marquait le terme des Rencontres Mer et Montagne 2007. Le temps venté et brumeux n´a pas permis de lancer cette année la Coupe de France des Marins. La plupart d´entre eux ont repris le chemin de l´océan après une semaine active et conviviale sur les pentes de Haute Savoie. 

Daniel Charrié et Martine Gahiné, les organisateurs de l´événement, ont exprimé leur enthousiasme. Daniel Charrié : « Je suis très très content de cette semaine et des rapports qui se sont établis entre les gens. Nous sommes partis de la glisse et nous évoluons désormais vers d´autres sujets, comme celui de l´environnement. » 

Martine Gahiné : « La mer et la montagne sont deux mondes que j´apprécie énormément et qui se rejoignent sur de très nombreux plans : la recherche des grands espaces, l´environnement, la beauté... les hommes et les femmes qui vivent dans ces milieux sont des gens intéressants à rencontrer et à faire se rencontrer ». 

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