16/01/2007


Salon mer et montagne d'Avoriaz - Femmes de marins, comment vivent-elles l´aventure à terre ?

Ski libre, char à voile sur neige et descente aux flambeaux étaient au programme de cette quatrième journée des Rencontres Mer et Montagne 2007.

Lundi soir, le débat public organisé à l´Office du Tourisme d´Avoriaz donnait la parole aux femmes de marins, ces équipières de l´ombre qui suivent à terre, avec plus de passion que d´abnégation, les pérégrinations nautiques de leurs aventuriers de maris. Vie de famille, vie professionnelle, absence, inquiétude face au danger, étaient entre autres les thèmes abordés. 

Nos interlocutrices Françoise Le Peutrec, Christine Vannier-Guillemot, Sylvie « Mouette » Deligondes (ancienne navigatrice et ex-compagne d´Alain Gabbay) n´ont pas toutes le même profil mais se sont accordées sur de nombreux points. Frédéric Le Peutrec et Corentin Douguet - vainqueur de la dernière Transat 6,50 et compagnon de Marine, elle aussi navigatrice - sont venus leur donner la réplique. 

Femme de marin, un privilège ?
Le cliché élimé de la femme de marin résignée, attendant patiemment le retour du guerrier à la maison, n´est plus d´actualité. Elles ont toutes une vie professionnelle, élèvent des enfants et assument sans frustration leur statut, grâce à une compensation suprême : la fierté ou en tout cas l´intérêt de vivre au contact d´un être passionné. Christine Vannier, la compagne de Marc Guillemot : « C´est d´abord un grand privilège d´être une femme de marin, d´être en contact avec quelqu´un de passionné ». 

Cette passion, Sylvie Deligondes l´a longtemps partagée avec son mari Alain Gabbay, puisqu´elle a participé à ses côtés à la Whitbread 1977 (course autour du monde en équipage) à bord du monocoque 33 Export. Sylvie, que tout le monde appelle « Mouette », a en effet longtemps navigué, puis monté sa propre voilerie. Elle connaissait donc parfaitement les joies et les dangers de la course au large : « Quand je naviguais avec Alain, il y avait peu de communication avec la terre. Mais que je sois à terre ou en mer, je ne me suis jamais inquiétée. En mer, il n´y avait plus de vie de couple, il était le skipper et moi j´étais équipière. » 

Vivre le risque
Si l´inquiétude est bien présente - Frédéric Le Peutrec et Marc Guillemot ont tout deux participé en trimaran à la Route du Rhum 2002 qui a connu de nombreux chavirages et beaucoup d´abandons, les épouses ne veulent pas y penser. 

Françoise, la compagne de Frédéric Le Peutrec : « On est conscient des risques mais on se dit aussi que dans la vie de tout les jours, le danger peut venir d´un tas de choses. Le plus dur à gérer pendant une course, c´est certainement l´inquiétude des enfants, quand ils apprennent qu´il y a eu une série de chavirages ou d´avaries. C´est difficile de tout leur expliquer tout en étant rassurant. » 

Christine : « on sait qu´il y a des risques, mais on n´entre pas dedans, sinon, on serait des femmes malheureuses tout le temps. Le danger, on n´y pense pas et puis nous vivons quand même avec des hommes compétents. » 

Pas de nouvelle, bonne nouvelle
De nos jours, en course transatlantique ou autour du globe, les marins ne sont plus totalement isolés du monde ; ils disposent de nombreux moyens de communication avec la terre (téléphonie, emails ...). Pour autant, ils n´en n´abusent pas pour prendre des nouvelles de la maison.
Frédéric Le Peutrec (voile olympique, The Race, ancien skipper des trimarans Bayer et Gitana) : « Partir, c´est lâcher les amarres. En transat, ce n´est pas toujours facile de communiquer au téléphone avec nos compagnes, c´est souvent frustrant, on n´est pas dans le même rythme, dans le même mode de fonctionnement. Mais en général, toute l´équipe autour du bateau entretien le lien avec la famille. »  

Françoise : « Pour moi, pas de nouvelle, c´est synonyme de bonne nouvelle. Le téléphone qui sonne en pleine nuit, en général, c´est mauvais signe. » 

Christine : « Communiquer oui, mais pour dire quoi ? Je ne me vois pas lui raconter les petits soucis du quotidien du style `tu sais aujourd´hui, j´ai `bigné´ la voiture´... » 

Comment le vivent les enfants ?
Quant aux enfants - nos interlocutrices sont toutes mères de famille - ils finissent par se prendre au jeu. Avec l´âge, ils commencent à surveiller de près les cartographies, la météo, la position du bateau de papa et baignent finalement dans un univers de passion, d´émotions et d´aventure qui n´est pas pour déplaire à leurs géniteurs. 

En guise de conclusion, on a demandé à nos interlocutrices ce qu´elles souhaitaient à leur mari pour la nouvelle année. Françoise : « qu´il reparte de la maison grâce à de nouveaux projets ». Christine : « qu´il gagne les trois prochaines grandes courses à bord de son nouveau monocoque Safran : la Transat Jacques Vabre, The Transat et surtout le Vendée Globe. » 

Qui a dit que derrière tout grand homme, il y avait souvent une femme exceptionnelle ? ... 

Brèves
Sur un parcours plus pentu que l´année précédente, les skippers se sont retrouvés mardi après-midi à bord des traditionnels chars à voile sur neige dit `blokart´ pour une petite `régate´ improvisée aux abords de la station... Reportage en images.
 

Demandez l´programme
Mercredi, montée au refuge du Bostan en ski de randonnée et prise de l´emprunte écologique des marins pendant l´ascension. 

Donnez une note :

Votre commentaire
Tous les commentaires sont modérés avant publication, afin de garder toute objectivité, les publicités cachées ou contre publicités sont interdites, et leurs auteurs seront black-listés.

Voir toutes les news

Follow us on socials networks

facebook twitter dailymotion google

Abonnez-vous aux flux RSS

Suivez l’actualité de tous nos magazines en vous abonnant à notre flux RSS ou en vous inscrivant à notre newsletter que vous recevrez par email.

S'abonner à un flux RSS

S'abonner à une newsletter