22/06/2012


North Sails France - Belle victoire de Groupama 4 à Lorient... belle victoire pour North Sails France !

Victorieux à Lorient de la huitième étape de la Volvo Ocean Race, Groupama 4 a une nouvelle fois impressionné et démontré toute l’étendue de son potentiel. L’équipage est au top et le bateau va vite, très vite…

Franck Cammas et ses hommes tirent depuis plusieurs étapes la quintessence de leur machine. Une réussite à laquelle North Sails France n’est certainement pas étrangère. Si les cinq premiers bateaux de cette Volvo Ocean Race 2011-2012 sont tous équipés de voiles North Sails, le VO 70 vert et orange est en effet le seul propulsé par des voiles « made in France ». Mais au-delà de la simple relation client - fournisseur, c’est une réelle collaboration de fond qui lie le projet français et la voilerie vannetaise. Avec réussite… 

« I hate you ! » 

« Bruno, je te déteste, je déteste ton équipe, je déteste Franck et son équipe, je déteste les Français ! » C’est avec un grand sourire, teinté d’un peu de fierté, que Bruno Dubois, de North Sails France, rapporte ces propos, lancés par Kenny Read, le skipper de PUMA, sur le ton de la plaisanterie à son arrivée sur les pontons lorientais. Le « compliment » du skipper américain reflète en effet bien une forme d’impuissance devant la domination française. Une montée en puissance au fil de l’épreuve, dans laquelle l’expérimenté Read a parfaitement perçu le rôle des voiles et du Sail Design Team. Le symbole d’un travail de fond et d’une collaboration efficace, qui contribue aujourd’hui à la réussite du projet français, comme l’explique Bruno Dubois : « Depuis 1989, la majorité des voiles des bateaux engagés dans cette épreuve sont faites par North Sails. Pour North Sails France, le projet de Groupama est en revanche seulement le deuxième après Nautor Challenge en 2000-2001 (ndr : Amer Sports One et Amer Sports Too). Nous avons donc détaché Gautier Sergent, l’un de nos dessinateurs, pour qu’une personne puisse gérer le projet à temps complet, tout au long de cette Volvo Ocean Race. C’est quelque chose que l’on a l’habitude de faire, notamment sur la Coupe de l’America, et qui porte ses fruits aujourd’hui. Je n’oublie pas non plus Eric Gallais-Hamanno, notre responsable de production, qui a également joué un rôle important dans le suivi de ce projet à la voilerie. » 

Une implication totale 

En mars 2011, après onze années passées chez North Sails Nouvelle-Zélande, Gautier Sergent a donc intégré la cellule performance de Groupama sailing team. De la conception de la coque du plan Kouyoumidjian à la réalisation du mât, chacun de ses choix au niveau des voiles a eu son importance. Au départ d’Alicante, dix voiles ont été mises à disposition de l’équipe, dont huit à bord (nombre maximum imposé par la jauge), sur les dix-sept autorisées par les organisateurs sur toute la durée de la course. « Nous en avions encore sept à développer, précise le dessinateur de North Sails France. Toutes les voiles ne sont pas produites avant le départ, pour plusieurs raisons. D’abord, d’un point de vue stratégique, on n’hésite pas à regarder ce que font les concurrents. Il y a des bonnes idées à piocher ! Ensuite, compte tenu de l’incertitude liée à la météo, on se réserve la possibilité de réaliser des options sur des étapes spécifiques. » Les deux dernières étapes, plus courtes, ont d’ailleurs permis d’abattre quelques « cartes »… Payantes, serait-on tenté d’ajouter ! 

Creuser, aplatir, réduire… sans compromettre intégrité et résistance ! 

Depuis plus de neuf mois, débriefings, analyses, dessins, rythment le quotidien de Gautier Sergent, aux quatre coins du monde. « Il y a aussi régulièrement des retouches à faire sur les voiles. On creuse, on aplatit, on réduit, détaille le « sail designer ». Au début, nous avions des voiles polyvalentes, car les étapes étaient assez longues, avec des conditions variées. Ensuite, nous avons eu des étapes très typées avec du petit temps et du près, comme à Sanya. Et depuis quelques étapes, on est confronté à des vents forts, portants et du largue. Il est donc essentiel que les voiles puissent évoluer. Nous l’avions anticipé dès leur conception. On a d’ailleurs réussi à les retoucher sans trop compromettre leur intégrité et leur résistance, ce qui est encourageant. » 

Si Franck Cammas et ses hommes ont connu quelques difficultés dans la première partie de course, dans le petit temps et au près notamment, le problème a vite été résolu. « On a notamment fait rentrer un nouveau code zéro à Abu Dhabi, qui nous a permis de combler une bonne partie de nos faiblesses dans ce domaine, indique Gautier Sergent. D’une manière générale, je pense qu’au départ on exploitait 70% du potentiel du bateau. Aujourd’hui, on se rapproche des 100%... » L’optimisation des voiles y a probablement beaucoup contribué, sans oublier le rôle prépondérant joué par l’équipe navigante dans l’utilisation du bateau. Gautier Sergent, qui a travaillé en étroite collaboration avec Laurent Pagès et Philip Harmer, les « sail coordinator » du bord, peut en tout cas se réjouir de n’avoir aucune casse à déplorer. « Il reste une étape et deux in-port, je touche du bois ! On a en tout cas été agréablement surpris, on s’attendait à plus de soucis. » 

Le savoir-faire français fait ses preuves 

« Notre expérience en IMOCA et en multicoques, couplée à celle de Franck Cammas et son équipe, est un mélange de savoir-faire et d'expertise qui a certainement permis de gagner en performance », explique Bruno Dubois. De là à dire que les voiles de Groupama 4 sont meilleures que les autres, il y a un pas que ne franchit pas Gautier Sergent : « Une voile est développée pour un bateau donné. Si l’on mettait les voiles de Groupama 4 sur Camper, ce serait sûrement un désastre ! La seule chose que je peux dire, pour avoir eu accès à certains poids des autres bateaux, c’est qu’au niveau fiabilité-poids, nos voiles sont bien optimisées. Les systèmes mis en place par North Sails France se basent sur une approche différente au niveau de la structure des voiles. Chez nos amis anglo-saxons, on privilégie la tenue, quitte à compromettre le poids. En France, en tend plutôt à faire des voiles les plus légères possibles. » Le responsable de la conception des voiles au sein de Groupama sailing team, qui rejoindra l’équipe North Sails France à Vannes à l’issue de la course, l’assure en tout cas, « Franck Cammas est pour beaucoup dans cette réussite, parce qu’il cherche aussi à faire la différence d’un point de vue technique. Il a forcé chacun à repenser chaque chose, même celles que l’on pensait acquises… » 

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