17/01/2005


Catavore - Chapitre 5 - Technique : Choix de matériel

5.2 - Choix du matériel

Cette présentation n'est pas exhaustive, elle est le reflet de ce que l'on trouve en accastillage et équipement chez les shipchandlers. 

5.2.1. Réussir à différencier les coques

5.2.1.1. Choisir ses coques en fonction de leur spécificité

On rencontre trois types de coques :
- pour les triangles olympiques / courses raid : le catamaran doit équipé de dérives sabres (Nacra 5.2 - 5.5 - Inter - 5.8 - 6.0, KL 18 - Scenic, Mattia 18 - Flash, Hobie cat 18 - 18 Formula - Tiger - 21 Formula, Dart Hawk, Cobra, etc.) ou pivotantes (Prindle 18.2 - 19, Tornado, Corneel 18, Hobie cat 17 - 20 Formula, Hurricane 5.5 - 5.9, Mystère 5.5 - 6.0, etc.) ou d'ailerons (KL 17 F 18, Dart 20 TSX - 6.000, etc.) ;
- pour les raids ballades : il n'est pas nécessaire de faire un près olympien, mieux vaut choisir des coques à ailerons (KL 14 - 15 - 16 - 17, Dart 15 - 16 - 18 - 20, Nacra 5.0 - 5.7, presque tous les New cat, Hobie cat 14 - 16, Mystère 5.0, etc.) ;
- une espèce est en voie de disparition car mise à l'index par les architectes : les coques asymétriques (voir chapitre II - SCHEMA D'UN CATAMARAN) (Hobie cat 14 - 16, Prindle 16 - 18, C 4.8, etc.). 

5.2.1.2. Choisir ses coques en fonction de leur architecture

Le détail d'un catamaran permet d'estimer son potentiel de vitesse, de se faire une idée relativement précise (avis restant subjectif tant que l'on ne l'a pas essayé). Deux critères interviennent : l'hydrodynamique (au niveau des coques) et l'aérodynamique (au niveau du gréement). 

Principaux critères de vitesse :
- longueur ;
- largeur ;
- hauteur ;
- volume ;
- raideur ;
- éléments hydrostatiques ;
- angle d'entrée d'eau ;
- efforts de déformation. 

L'hydromécanique : développement sur la navigation d'un catamaran :
- au près serré par vent moyen, équipage au trapèze et coque au vent légèrement hors d'eau ; la coque sous le vent soutient 100 % de la poussée totale : soit 135 kg d'équipage + 180 kg de catamaran + 120 kg pour le vent, total de 435 kg.
- a chaque longueur de coque parcourue dans l'eau, la coque sous l'eau déplace 435 kg d'eau.
- au grand largue, les deux coques étant en contact avec l'eau, il faut diviser le poids total par 2 et enlever 70 % environ du poids vent, soit un poids par coque d'environ 150 kg.
- les conceptions hydromécaniques des lignes d'eau et du volume des coques doivent permettre de déplacer trois fois plus de volume d'eau au près qu'au largue.

L'hydrostatique : doit répondre à certaines questions :
- la coque a t elle des volumes suffisants pour s'opposer à la poussée latérale totale ?
- les lignes d'eau peuvent elles supporter 435 kg de charge au près et 150 kg au largue ?
- la surface mouillée est-elle réduite au minimum ?
- la longueur de flottaison a t elle été correctement projetée pour que l'effet planant obtenu essentiellement au largue par la diminution et la division du poids permette à la coque se soulever hors de l'eau ?
- les calculs pour établir les lignes d'eau et les volumes ont-ils tenu compte de la différence d'immersion des coques, 285 kg de plus au près qu'au largue afin de maintenir le tableau arrière hors d'eau pour éviter la traînée perturbatrice ?
- le centrage est-il correcte ou faut-il déplacer la dérive longitudinalement pour corriger l'assiette dynamique ?

L'angle d'entrée d'eau, la tension des lignes, le pincement de l'angle d'étrave, la surface mouillée de la carène, la surface du maître couple, le coefficient prismatique permettent à l'architecte de déterminer le potentiel de vitesse d'un catamaran. Le Tornado est l'un des catamarans les plus rapide en régate, même face aux 20 pieds modernes ; son secret : coques fines, étroites, hautes, longues et un angle de pénétration dans l'eau dès plus faible : 14°. Grâce à sa jauge restrictive, ses coques se rapprochent de la perfection. L'angle d'entrée d'eau à la flottaison sur les coques les plus modernes avoisine les 19 à 20°. La finesse de cet angle contribue à la fluidité de la coque, étrave coupant ou poussant de l'eau. 

La hauteur d'une coque est importante pour déterminer la réserve de puissance :
les catamarans modernes naviguent la coque sous le vent engagé sans en souffrir, grâce à des volumes porteurs. Un catamaran de conception plus ancienne arrive plus rapidement à son point maximum de sécurité, cette différence de hauteur procure à l'équipage une meilleure marge de sécurité. 

La transmission des efforts coque / poutre à la plate-forme est un élément prépondérant à la vitesse car elle influence la raideur du catamaran :
il est mécaniquement préférable que les efforts de torsion des coques et de vrillage des poutres passent par la partie la plus large des coques. Les poutres se situent à la hauteur des ponts qui doivent être à la largeur maximum possible, même si l'architecte évase légèrement sa coque en descendant vers la ligne de flottaison. Certains catamarans plus larges à la flottaison qu'au pont ne peuvent avoir un maximum de raideur car ils ne bénéficient pas de toute la puissance mécanique nécessaire. 

5.2.1.3. Choisir ses coques en fonction des étraves

Caractéristiques des étraves
Spatulée Tendue Volumineuse Droite
Concept des années 70 qui pense que l'arrondi des coques permet d'avoir un meilleur passage dans les vagues ; a pour inconvénients d'avoir une longueur de flottaison très courte et d'être vulnérable aux enfournements ; exemple : Hobie cat 14 et 16. Concept des années 75 à 80, permet d'avoir un excellent écoulement hydrodynamique et atténue le point d'enfournement mais fait perdre entre un à deux pieds en longueur à la flottaison ; exemple : Tornado, Dart 15, 18 et 20. Concept des années 80, pour pallier aux inconvénients des étraves spatulées, augmente la longueur de flottaison et la portance de la carène par un fort volume, recule le point d'enfournement ; les étraves tapent dans les vagues et l'engagement sous une vague ralenti ou stoppe le catamaran ; exemple : Hobie cat 18. Concept des années 85 (avec le catamaran géant Jet Service), permet d'avoir une lon­gueur de flottaison maximale et de reculer le point d'enfournement ; exemple : KL 17.
Fine Négative Inversée
Concept moderne, permet à la coque sous le vent d'avoir un meilleur passage sous l'eau sans que le catamaran ne soit freiné, ce qui autorise à garder un excellent cap, d'avoir un très bon écoulement hydrodynamique et de reculer le point d'enfournement ; exemple : Classe A, KL 18. Concept récent et moderne en design, permet de reculer le point d'enfournement ; exemple : Catfish 16 et Hurricane 500, Hurricane 65O, Dart Hawk. Concept le plus récent, est réalisé sur le principe des étraves perces vagues. Procure d´excellentes performances au près mais l´efficacité des performances au portant reste à prouver ; exemple Hobie Fox.

- le volume de l'élancement avant d'une coque à deux objectifs : permettre à la vague de soulever la carène pour amorcer le planning ou la meilleure glisse et éviter l'enfournement dans le creux de la vague ;
- le brion joue un rôle dans la répartition des volumes avant et sur l'importance de la surface de dérive. Sa faible profondeur permet de garder une bonne réponse à la barre et de bonne qualité de manoeuvrabilité ;
- le franc bord avant joue un rôle important dans l'élaboration du volume de l'élancement avant ;
- certaines coques comme sur le Nacra Inter F 18 ou sur le Hobie cat 18 et Formula sont inclinées vers l'extérieure de 4° environ. 

5.2.1.4. Choisir ses coques en fonction de leur mode de construction

Construction rotomoulée : la technique du rotomoulage ou moulage par rotation consiste à injecter des billes de polyéthylène dans un moule chauffé à 150°. Les billes vont fondre et le moule mis en rotation sur plusieurs axes va permettre au polyéthylène de bien se répartir sur toute la surface intérieure du moule. Après trois heures de repos, la coque a refroidi, durcie et peut être démoulée. Cette technique permet d'obtenir des coques ou autres objets de n'importe quelle forme en ayant un corps creux et sans avoir à faire de soudure. Le gain de temps et le coût de fabrication est donc beaucoup plus faible que pour une coque construite en fibre de verre, mais la réalisation d'un moule rotatif demande beaucoup de soin et coûte environ 500.000 F. Le temps de production est faible et permet d'obtenir des coques résistantes à l'abrasion et aux chocs. 

Construction monolithique : c'est la technique la plus courante pour construire des coques de catamaran.
- il faut avoir un moule creux dit «moule femelle» réalisé à partir d'un moule mâle, mannequin ou prototype ;
- cirer les parois du moule femelle ;
- étaler le gelcoat de finition sur toute cette surface ;
- appliquer les tissus mat de verre et roving imprégnés de résine polyester en faisant attention de bien alterner les couches ;
- bien veiller à commencer et à finir par un mat de verre ;
- démoulage de la coque de son moule femelle ;
- puis vient l'étape de l'enduit, du ponçage et du lustrage du gelcoat ;
- le pont construit dans un moule spécifique va être rapporté sur la coque avec une reprise de stratification. 

Si le rapport poids / résistance est très élevé, le rapport poids / raideur reste assez bas. 

Construction composite : la raideur de la construction composite est obtenue par une épaisseur de mousse séparant deux peaux de fibre de verre qui sont imprégnées de résines polyester ou Epoxy. 

On assiste à deux types de construction composite :
- 1ère technique : construction sous vide (le moulage sous vide à haute pression permet d'absorber l'excédent de résine grâce à un tissu de pompage et facilite le collage entre sandwich et résine) à partir d'un «moule femelle» ; étaler un gelcoat dans le moule femelle ; stratifier la peau intérieure ; poser l'âme du sandwich ; stratifier la peau extérieure. Construction demandant une haute spécificité technique et longue à mettre en oeuvre.
- 2ème technique : construction à partir d'un gabarit (couple et lattes longitudinales) ou d'un «moule mâle» ; poser un film Polyane ; appliquer les dalles de mousse ; stratifier la peau extérieure. Construction peu coûteuse mais lente.
* La stratification à l'Epoxy nécessite des résines à long «pont live» au moment de la post cuisson ;
* la cuisson, se fait au moyen d'un four ou d'un moule chauffant (avec des résines thermodurcissables et des tissus pré imprégnés pour la cuisson par moule chauffant afin de pomper les excès de résine) pour augmenter les qualités mécaniques. 

5.2.1.5. Choisir ses coques en fonction du matériau de construction

Les coques peuvent être construites à l'aide de différents matériaux (du plus simple au plus sophistiqué) :
- en polyéthylène rotomoulé ;
- en polyester stratifié de verre en monolithique ;
- en polyester stratifié de sandwich de polyuréthanne ;
- en Epoxy stratifié de verre en monolithique ;
- en Epoxy stratifié de sandwich de polyuréthanne ;
- en carbone. 

«Le choix d'une fibre et des âmes de sandwich est fonction des contraintes mécaniques que doit subir la coque, les choix d'une résine est lié au tissus et au procédé qui seront mis en oeuvre pour construire la coque». 

CHOIX DES MATERIAUX DE CONSTRUCTION
Choix des fibres de verre
mat de verre fils coupés de 50 mm maintenu par un liant, absorbe la résine pour réaliser des stratifications épaisses sans avoir un sur poids de verre
roving tissu sergé ou satiné, fibres tressées comme pour une pièce de tissus, moins épais et beaucoup plus résistant que le mat de verre, utilise moins de résine et arme les stratifications. Plusieurs tissus : tressages plus ou moins dense, en bidirectionnel ou en complexe mat roving
Choix des fibres exotiques
Kevlar (aramides) fibre très résistante à la traction et aux chocs, utilisée également pour faire des cordages de très haute résistance, a une mauvaise tenue en compression et demeure cher
carbone (dérivé du graphite) fibre résistant très bien à la compression et ayant une très grande raideur, utilisée pour réaliser des renforts, a une mauvaise tenue aux chocs et reste sensible aux vibrations, son prix demeure inabordable
Spectra (base polyéthylène) fibre ayant une remarquable résistance à la compression, son prix demeure inabordable

Choix des âmes sandwich 

L'âme est utilisée pour la construction des coques, elle est prise en sandwich entre les résines de l'intérieur et celles de l'extérieur de la coque. 

balsas absorbe beaucoup de résine
mousse PVC rigide tel que le Klégécel, Divinicel et Damicel
mousse semi-rigide tel que l'Airex
nid d'abeille tel que le Nomex, structure alvéolaire qui permet un excellent rapport poids / résistance mais est difficile à mettre en oeuvre
feutre tel que le Coremat et C-Flex, particulièrement résistant à l'impact et est constitué de fibres polyesters gorgées de «micro billes»
Choix des résines
polyester résine standard plus tolérante et plus économique, est utilisée par imprégnation des fibres de verre mais doit être protégée extérieurement par un gelcoat. L'utilisation de résine Isophtalique améliore la stratification. Le Vinylester est adapté pour la stratification du Kevlar
Epoxy résine utilisée avec les fibres exotiques, très résistante au délaminage, elle n'a pas besoin d'être protégée à l'extérieur par un gelcoat. Difficile à mettre en oeuvre car elle demande une très grande rigueur de température et d'hygrométrie. Son prix demeure cher

5.2.2. Réussir à différencier les dérives

CARACTERISTIQUES DES DERIVES
Sabres longues Sabres courtes Pivotantes elliptiques Pivotantes courtes
Type Hobie cat 18 Formula, le fort allongement permet une meilleure portance sur les bords de près. Type Classe A, permet de faire un près plus que correct pour un équipage léger. Type Tornado, permet de faire un excellent près sans le risque de mauvaise rencontre comme pour les dérives sabres, simple de fonctionnement et facile d'utilisation. Type Corneel 18, permet de faire un près correct avec une utilisation très simple.

5.2.3. Réussir à différencier les mâts

Il existe différents mâts de catamaran, les mâts en 2 parties (manchonnés) qui sont pratiques pour les déplacements sur les voitures et les mâts mono pièce qui sont l'écrasante majorité. Dans cette seconde catégorie, on trouve des mâts simples, des mâts avec barres de flèche et galhaubans, et des mâts rétreints avec barres de flèche et galhaubans. Les mâts peuvent être en alliage d'aluminium ou en carbone. 

- Les mâts sans barre de flèche et galhauban se déforment plus facilement avec l'étarquage du cunningham ;
- les mâts avec barres de flèche et galhaubans (plus haut généralement) permettent de régler souplesse et rigidité en fonction : de la force du vent, du poids de l'équipage, de l'état de la mer et du besoin de puissance ; permettent d'avoir un meilleur rendement ;
- les mâts sont en alliage d'aluminium ou en carbone (en option chez Nacra ou de série chez Bim) ;
- les mâts sont pivotants et en forme de profil d'aile, ainsi la surface au vent viendra s'ajouter à celle des voiles, d'où gain de prise au vent ;
- les mâts sont étanches par joints ou soudures pour éviter de faire chapeau lors d'un dessalage ;
- les mâts en carbone sont plus raides (meilleure nervosité) et plus légers (diminue le tangage grâce un plus faible poids dans les hauts et soulage la plate-forme), ils permettent de redresser plus facilement un catamaran dessalé, en inconvénient ils sont plus chers ;
- les mâts sont peu sujets au cintrage longitudinal, mais ils peuvent en fonction de leur orientation se cintrer en latéral afin d'absorber une partie de la puissance ;
- les mâts rétreints associés à une têtière large permettent une ouverture plus large de la grand-voile, exemple : Classe A, Nacra 6.0 (avec mât carbone). Mais ils ne peuvent résorber facilement le rond de guindant par cintrage, il faut donc choisir une grand-voile ayant un creux faible. 

«Attention, les mâts utilisés sur les catamarans répondent aux spécificités des bateaux et des coupes des voiles. Exemple : le type de mât utilisé sur Tornado est très haut, si on veut le cintrer pour aplatir la voile, il faut étarquer le cunningham. Avec un mât plus court et plus raide mais ayant la même corde et le même accastillage (type KL 17 F 18), pour que le cintrage soit efficace, il faut avoir des lattes plus raides». 

Caractéristiques des mâts
Constructeurs Sparcraft Sparcraft Sparcraft Sparcraft Sparcraft
Type F 32 C F 49 C F 175 C F 590 C F 1600 C
Poids au mètre linéaire en kg/ml 1,67 1,9 3,8 7,19 12
Dimension extérieure en mm 69 x 124 74 x 135 98 x 204 138 x 300 178 x 376
Epaisseur de parois en mm 1,7 1,8 3 3,5 5
Moment d'inertie transversale xx' (cm4) 32 49 175 590 1754
Moment d'inertie longitudinale yy' (cm4) 98 138 510 2300 6495
Diamètre en mm 8 8 - - -
Référence coulisseau - - CGV 15 - HA 89

CGV 23 - HA 91 

Coulisseau max. 23 

ou spécial inox 

CGV 23 - HA 91 

Coulisseau max. 23 

Ou spécial inox 

5.2.4. Réussir à différencier les voiles

5.2.4.1. Choisir ses voiles en fonction de leur conception

Lors de l'achat, le constructeur ne propose pas de choix sur la coupe, quelquefois sur le tissu utilisé en fonction du modèle choisi dans la gamme, heureusement qu'il reste la couleur, et encore ce n'est pas toujours vrai. Le blanc reste plus résistant aux ultraviolets et permet une meilleure appréciation du volume en valeur et en position (lecture difficile sur des voiles de couleurs). 

Pour réaliser des voiles, il faut connaître les particularités et propriétés des différents tissus utilisés. Pour la régate, elles devront être jaugées. La forme est étudiée en fonction : du programme de navigation, des volumes de coque, de la hauteur du mât, du rond de chute, de la coupe et des tissus utilisés. La coupe, notamment pour les spinnakers, est déterminée en fonction des déformations (le Nylon par exemple se déforme plus dans le biais que dans le sens des fils). 

- Une grand-voile avec un fort rond de guindant est mise sur un mât plus pré cintré par des barres de flèches fermées ;
- la coupe «square top» ou «square head» (à corne) est utilisée sur presque toutes les nouvelles grand-voiles, sa partie supérieure s'ouvrant dans la brise pour laisser s'échapper le surplus de puissance ;
- l'ensemble grand-voile / mât avec un creux faible apporte un plus en vitesse, adapté aux plans d'eau peu agité, son rendement en terme de traînée est excellent ;
- de manière générale, à chaque grand-voile correspond un réglage de mât et un jeu de lattes ;
- une grand-voile est coupée en fonction de la nervosité du mât ;
- l'ensemble grand-voile / mât avec un bon creux apporte un plus en puissance et cap sur les plans d'eau agités, permet de garder une réserve de puissance, mais est néfaste en traînée. 

«La tendance actuelle des coupes est d'avoir les 2 tiers inférieurs de la voile assez volumineux, tandis que le haut reste très plat, pour avoir une voile très puissante mais qui puisse être facilement travaillée en fonction des conditions de vent». 

Bainbridge, principal fabricant de tissus (avec Dimension aux Etats-Unis) a effectué des tests qui mettent en évidence l'effet néfaste des ultraviolets. Un tissu de 6 onces exposé de façon permanente au soleil de Floride pendant 6 mois perd 70 % de sa nervosité, et le vieillissement est encore plus rapide pour les voiles utilisant du Kevlar. Attention de bien surveiller votre foc s'il est monté sur enrouleur. 

5.2.4.2. Choisir son tissu en fonction de sa voile

- Dacron : sur toutes les grand-voiles (Dart, Hobie cat 14 - 16 - 18) et sur la majeure partie des focs ;
- Kevlar, Mylar : sur les grand-voiles de catamarans modernes (KL Race'n Sail, Mattia, Formula, Nacra) ;
- Yarn : utilisé pour les grand-voiles de régate et de course / raid, résistant mais cassant, facile à régler, tissu non bloqué. 

5.2.4.3. Choisir ses voiles en fonciton de leur matière

Les tissus sont de qualité différente en fonction de la densité du tissage dans le sens de la trame et non du grammage, de plus, l'apprêt déposé sur les voiles joue un rôle important sur la longévité, sur la résistance au déchirement, aux ultraviolets et au délaminage. Plus la voile est performante et résistante et plus son prix sera élevé. 

«Les différentes coupes radiales, horizontales ou verticales (vertical cut) sont des spécificités des voiliers et des constructeurs, cette dernière coupe se généralise car elle favorise une meilleure répartition du creux». 

Fabrication des fibres polyamides Nylon :
C6 H5 OH (phénol) + acide Adipique + CH3 NH2 (aminé) = SEL DE NYLON
SEL DE NYLON + CH3CO2H (acide acétique) + dissolution dans de l'eau chaude + polycondensation + refroidissement + solidification + broyage + solvant = NYLON FILABLE. 

Fabrication des fibres Polyester :
acide (acide Téraphtalique) + alcool (Ethyline Glycol) + SO4 H2 (acide sulfurique) = POLYESTER
POLYESTER + polycondensation + refroidissement + broyage + dissolution = POLYESTER FILABLE 

Caractéristiques des tissus
Once Tissus Fil de Chaîne Fil Biais
5.3 oz Dacron coloré 8.0 8.0 28.0
5.4 oz Firm-finish Dacron - 2.5 12.0
5.4 oz Dacron Yarn Tempered - 2.0 4.0
4.4 oz Firm-finish Dacron - 3.0 15.0
4.4 oz Dacron Yarn Tempered - 2.0 4.0
4.5 oz Mylar Scrim GTS coloré 3.3 3.8 5.4
4.6 oz Mylar taffetas GTS coloré 4.3 4.5 5.7
3.6 oz Mylar Scrim 3 plis Bainbridge - 3.0 5.0
4.0 oz Mylar Woven Bainbridge 2.5 - 6.0
3.7 oz Kevlar Weave Bainbridge 0.8 4.4 4.8
CARACTERISTIQUES DES TISSUS
Dacron Yarn Nylon
C'est un fil produit artificiellement par des dérivés du pétrole (issu du Nylon), son tissage permet au fil de se croiser en angle droit, puis le tissu est imprégné ou enduit d'un apprêt de résine de polyester. Le Dacron est une fibre imprégnée (contrairement aux voiles des années 60, ce qui lui permet de mieux résister aux déformations, lui donne une bonne élasticité, il est capable de retrouver ses dimensions primitives après avoir été soumis à une charge (pas de problème de plis), c'est un tissu résistant et agréable à régler, résistant au faseyement. Inconvénient : il subit une déformation avec le temps, il est économique et est particu­lièrement adapté à une utilisation «loisirs» mais ne peut être taillé qu'avec des laizes horizontales. Ou Yarn Tempered, est un Dacron de très haute qualité, il n'est pas imprégné mais enduit d'un apprêt, ceci améliore la résistance au déchirement mais l'apprêt se casse facilement, ce tissu est uniquement réservé à la compétition et est peu adapté à des coupes orientées. C'est un fil léger qui est utilisé pour la fabrication des spinnakers, il peut être plus ou moins apprêté pour augmenter sa stabilité.
Mylar - Dacron Mylar - Kevlar Mylar - Spectra
En canevas léger, c'est l'insertion d'un tissu lâche (type Dacron) entre deux feuilles de Mylar comme un sandwich, ce qui permet d'obtenir une coupe orientée qui soit stable, légère et résistante mais reste cassant et assez cher. En taffetas, c'est le collage d'un tissu dense (type Kevlar) avec une feuille de Mylar, ce qui permet d'obtenir une coupe ayant une grande résistance à l'allongement et qui soit légère, mais elle est sensible au pliage (risque de casser les tissus) et le Kevlar ne supporte pas les ultraviolets, son prix demeure cher. C'est le collage d'un film de polyéthylène avec une feuille de Mylar, le Spectra peut également être collé avec du Dacron, ce qui permet d'obtenir une coupe ayant une excellente résistance à l'allongement, une bonne stabilité, une bonne longévité, et qui soit résistante au raguage, au pliage et aux ultraviolets, son prix demeure cher.
Mylar
C'est un film issu des même dérivés que le Dacron ou le Kevlar, cette matière a été utilisée pour la première fois en voile lors de la Coupe de l'America en 1977. La propriété de ce film est de ne pas absorber l'eau de mer et de bloquer les déformations dans les biais, film très solide, indéformable et très raide, il permet de gagner du poids, mais ne souffre pas le faseyement (risque de le voir se délaminer). Il est utilisé de trois manières pour constituer une voile.

5.2.5. Réussir à différenceir les lattes

5.2.5.1. Quels sont les critères de choix d'une latte

- la matière ;
- la longueur ;
- la position du creux maximum (le profil) ;
- la raideur (le poids).
 

5.2.5.2. Choisir ses lattes en fonction de leur matériau de construction

- en sandwich fibre mousse ;
- en fibres de verre unidirectionnelles ;
- en pultrudé ;
- en sandwich micro ballons ;
- en carbone ;
- en Epoxy. 

Les matières, les fabrications, le profil de la partie avant, la souplesse propre à chaque modèle donnent des résultats très différents. D'une manière générale, plus le vent est fort et plus les lattes doivent être raides, à commencer par les lattes du haut. Certaines lattes sont profilées, leurs courbures ne constituent pas un arc de cercle parfait, le creux maximum n'est pas forcément situé dans le milieu. Le choix des lattes est le plus important sur un catamaran, elles doivent être adaptées à la valeur du volume de la voile donné par les pinces. 

5.2.5.3. Choisir ses lattes en fonciton de leur rigidité

Le profil épais de la latte dans la main, appuyer le coté fin sur une balance jusqu'à ce que cette partie soit à la limite de l'adhérence ou que le poids affiché se stabilise, la lecture se fait en kilogramme. 

5.2.5.4. Choisir ses lattes profilées en fonction du creux

Exercer une pression sur la latte en veillant à ce que les deux extrémités restent bien dans le même plan, faire tangenter un fil à plomb le long de la latte et marquer le point de contact fil / latte. 

5.2.6. Réussir à différencier l'accastillage

Commençons cette présentation par les trampolines, différents selon le programme du bateau et le chantier constructeur. 

CHARGES DE RUPTURE DES CÂBLES
Diamètre

monotoron 

1 x 19 

souple 

7 x 7 

extra souple 

7 x 19 

extra souple gainé 

7 x 19 

7 fils 

7 x 1 

2 360 kg - 230 kg - -
2,4 - - - - 540 kg
2,5 560 kg 378 kg 385 kg - -
3 820 kg 540 kg 690 kg - 860 kg
4 1.400 kg 950 kg 970 kg 970 kg -
CARACTERISTIQUES DES CORDAGES
Vectran C'est la fibre la plus performante. Elle est obtenue à partir du polymère à cristaux liquides Vectra de Hoechst Celanese Corporation. Ces caractéristiques sont proches du parfait : aucun fluage sous des contraintes atteignant 50 % de la charge de rupture, son allongement à la rupture n'est que de 3,3 %, n'absorbe pas l'eau, accepte les réas de petit diamètre, sa perte de charge aux noeuds est normale, supporte bien l'échauffement et son ensimage (de type «Marine Finish») lui assure une très bonne résistance à l'abrasion.
Polyéthylène Appelé également Spectra ou Dyneema. Cette fibre a des propriétés largement au-dessus de la moyenne. Légère et sans aucune reprise d'humidité, résiste très bien aux ultraviolets, aux charges et au raguage. Sa résistance au noeud est d'environ 30 % supérieure aux aramides et son allongement ne dépasse pas 3,5 % à la traction de rupture, sa tenue aux torsions et aux flexions répétées sur un réa de faible diamètre est excellente. Elle subit un léger allongement permanent et un point de fusion élevé qui provoque une fatigue à l'échauffement.
Polyester Connu sous les marques Tergal, Trévira, Diolen et Dacron. C'est la fibre la plus utilisée depuis longtemps. Sa capacité à s'allonger est faible et sa résistance excellente aussi bien à l'eau qu'au raguage et aux ultraviolets
Polypropylène C'est la moins cher des fibres modernes (sauf pour les fabrications spécifiques). Sa tenue à la charge et sa résistance à l'abrasion sont moins bonne que la moyenne, sa résistance aux ultraviolets est franchement mauvaise. Sa densité qui est inférieure à 1 lui donne la propriété de flotter.
Polyamide Appelé également Nylon, Perion, Enkalon ou Dralon. Sa résistance à la traction est grande et possède une étonnante élasticité qui atteint 18 à 25 % et même parfois plus avant rupture. Sa résistance au noeud est la meilleure avec 60 % de ses caractéristiques initiales. Sa tenue au raguage est très bonne mais sa résistance chute de 10 à 20 % dans l'eau. Sensible aux acides mais résiste correctement aux ultraviolets.
Aramide Appelé également Kevlar par Du Pont de Nemours et Twaron par Akzo. Sa résistance est près de 5 fois supérieure à celle de l'acier pour un même poids de matière. Sa capacité à l'allongement ne dépasse pas 4 % à la traction de rupture. Sa résistance au noeud est faible car il perd 70 % de sa résistance et ne supporte pas les flexions répétées autour d'un réa de petit diamètre. Sa tenue à l'abrasion est médiocre et sa résistance aux ultraviolets est mauvaise, elle doit donc être protégée par une gaine en polyester pour ne pas vieillir prématurément et palier à ces défauts.

5.2.6.1. Choix du trampoline

Pour les catamarans d'initiation :
- les trampolines en toile, deux inconvénients : passent très vite au soleil et se déforment à l'usage ;
- les trampolines en tissu enduit PVC. Résistent à l'usure et au temps mais ont un inconvénient majeur, ne laissent passer ni l'eau ni le vent. Aussi l'eau embarquée ne peut s'écouler que par le point le plus bas et la prise au vent qu'ils offrent est maximum (ce qui peut avoir pour conséquence de faire dessaler le catamaran lors d'un fort coup de gîte). Les crèmes solaires ont tendance à les rendre glissants. 

Pour les catamarans de pratique régulière :
- les trampolines en tissu Bainbridge assurent un excellent écoulement de l'eau et de l'air. De plus, ils sont antidérapants. 

Pour les catamarans de régate ou de raid / course :
- le trampoline en tissu Bainbridge ou Fine-mesh ;
- les trampolines grand raid blancs pour éviter la réverbération ou la chaleur (raids dans les îles du Pacifique), avec des mailles très larges qui ne retiennent ni eau, ni sel, ni vent pendant les coups de gîte. 

5.2.6.2. Choix de l'accastillage

Passons à l'accastillage proprement dit :
- pour un bon réglage des voiles, les poulies basses des palans d'écoutes doivent être montées sur des chariots à billes ou à galets réglables par coulissement ;
- pour ne pas user trop vite les voiles, haubans et câbles de trapèzes doivent être gainés ; inconvénient : la gaine augmente le fardage ;
- le stick télescopique quart de tour Arriba est quasiment incassable, d'une bonne longueur et ne glisse pas dans la main ;
- la bôme en simple tube d'aluminium, Marstrôm ou Hobie. 

Pour l'accastillage, deux marques principales s'affrontent sur le marché du catamaran : Harken et Ronstan. 

Différences entre ces deux fabricants :
- Harken : excellent roulements à billes, peu d'entretien, matériel très solide et très fiable, excellente longévité mais très cher ;
- Ronstan : très bonne qualité, dans des gammes de prix abordables, demande un entretenu plus régulièrement. 

Gamme de poulies sur un catamaran :
o pour le palan d'écoute de grand-voile :
- une poulie basse équipée de billes, winch débrayable, taquet et ringot pour gonfler éventuellement le palan ;
- une poulie haute avec billes et ringot ;
- un chariot d'écoute solide à galets ou billes coulissant même sous une forte traction.
o pour le palan d'écoute de foc :
- quatre poulies à billes dont deux avec taquets.
o pour le palan de spinnaker :
- deux poulies simples à winch débrayable et cam orientable.
o pour le palan de cunningham :
- deux poulies plates pivotantes ou une poulie et deux tourelles. 

«Il faut choisir le matériel en fonction de sa qualité et du meilleur rapport plaisir / simplicité. Il n'est jamais agréable de se retrouver dans l'eau à cause d'une poulie qui s'est coincée». 

Lors de l'acquisition d'un limiteur, d'un barber-haulers ou d'un cunningham monté sur tourelles, il est préférable de les faire installer par un professionnel pour qu'il les monte avec précision. 

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