04/06/2009


Les risques de collision en mer - Repérer et se faire repérer

En mer, l´un des dangers auquel on ne prête pas toujours suffisamment d´attention est le risque de collision. Par beau temps, mer belle, une veille visuelle est souvent suffisante. Par temps de brume, de nuit et par mer formée, il en est tout autrement.

Hormis la veille, les seuls moyens pour voir et être vu étaient jusqu'à ces dernières années : le radar et le détecteur de radar. Depuis trois ans, un nouvel appareil est apparu sur le marché : l´AIS. Il a fait une entrée timide en plaisance en 2006. A ce jour, pratiquement tous les fabricants d´électronique marine en proposent. 

Le radar : une évolution de plus de 70 ans 

Le radar fait partie de ces appareils qui ont marqué l´évolution de l´électronique marine. Si le radar a évolué au cours des temps, son principe de base est toujours le même. Il peut être comparé à celui d'un sondeur où la sonde est remplacée par l´antenne : le signal de forte puissance (plus de 1 kW) émis par l'antenne revient à son point de départ après réflexion sur un obstacle. Le signal retour est très faible, quelques dizaines de microwatts seulement. L´antenne assure donc deux fonctions : émettre et recevoir. 

Et pourtant, elle tourne 

Sur la majorité des bateaux de plaisance, l'antenne radar est un radôme alors que sur les bateaux à moteur et professionnels, elle tourne. Rassurez-vous, ce ne sont pas deux techniques ; dans les deux configurations, sa vitesse de rotation est de l´ordre de 24 tours/min. Le radôme est là pour la protéger. 

Du tube cathodique à l´écran couleur 

Au début des années 80, les radars étaient peu présents sur les bateaux de plaisance, pour deux raisons : le poids de l´antenne et l´encombrement de l´appareil et la représentation de l´image sur un tube cathodique. La première évolution a été d´utiliser la même technique qu´en télévision, recréer l´image avant de l´afficher. Cette technique, dite plein jour, a été le déclic pour le développement du radar en plaisance : visibilité de l´image à distance par plusieurs personnes, réduction de la consommation électrique dans un rapport deux à trois, de l´encombrement du moniteur, du diamètre et du poids de l´antenne. A tel point qu´en 1985, il se vendit plus de radars que les dix années précédentes. L´écran vidéo que l´on rencontre encore, a deux inconvénients : la consommation et surtout l´encombrement. Il tend à disparaître depuis une dizaine d´années pour être remplacé par un écran à cristaux liquides (LCD) qui ont une consommation moindre et un encombrement réduit. 

Pourquoi s´équiper d´un radar ? 

Avant tout, pour la sécurité. Il permet de visualiser quelles que soient les conditions de visibilité, une zone autour du bateau et ainsi de prévenir les collisions. Mais ces applications ne s´arrêtent pas là. Il permet de mesurer le relèvement et la distance des cibles (bateaux, rocher, quai, etc...), de surveiller une zone programmée, de déclencher une alarme en cas de risque de collision, etc... Son seul inconvénient reste l´interprétation de l´image radar. Ce n´est pas une photo et seule la pratique peut vous aider pour déterminer la cible détectée. 

Les radars de la nouvelle génération sont simples d´utilisation et ne nécessitent qu´un minimum de réglages. Les mesures sont précises sur la distance, pour les relèvements, on peut estimer qu´elles le sont à +/-5°. 

Couleur ou monochrome ? 

Un radar ne respecte pas la couleur d´où l´intérêt limité d´avoir un écran couleur. Il consomme plus de courant qu´un monochrome, il est souvent moins visible au soleil et il est plus onéreux. Ce raisonnement est moins d´actualité car le radar, en tant qu´appareil dédié, a tendance à disparaître du marché. 

Le radar tendance 2008 

En 2008, vous ne verrez pratiquement plus de radars dédiés. La tendance est au moniteur couleur qui est systématiquement lecteur de cartes et sur lequel on peut connecter différents équipements dont une antenne radar. Pour s´équiper, on choisit un moniteur et, par la suite, une antenne radar. La puissance du radar est dictée par l´antenne. Pour changer de puissance, on change d´antenne. Cette solution souple est bien adaptée sur un bateau à partir 9 m. Elle permet non seulement d´avoir sur un même écran la cartographie et le radar mais aussi de récupérer d´autres informations telles que le sondeur, l´AIS et les données de navigation. Séduisant, oui, et technologiquement au point. Mais, attention, la compatibilité n´est envisageable que dans une marque. Si vous optez pour le moniteur d´un constructeur donné, l´antenne radar doit être de la même marque. Il en est de même de la cartographie intégrée au moniteur. 

La portée 

La portée est fonction de la puissance d´émission comprise entre 2 et 4 kW pour la plaisance. En pratique, la bonne hauteur se situe entre 5 et 8 m au-dessus de pont ce qui donne une portée moyenne (fonction de la cible à détecter) de l´ordre de 5 à 10 milles voire de 16 milles si l'objet est important (gros cargo métallique, falaise élevée, par exemple). 

L´AIS : un nouveau système pour éviter les collisions 

Le concept de l´AIS (Automatic Identification System) est basé sur un émetteur / récepteur qui transmet en automatique des renseignements concernant les navires astreints (à ce jour plus de 300 tonneaux et les navires à passagers). 

L´émission (fréquences VHF) est d´une durée de l´ordre de 30 millisecondes. Son message contient l´identification du bateau (numéro NMSI), son nom, sa position, son cap, sa vitesse, ses caractéristiques (longueur, largeur, tirant d´eau) et éventuellement des renseignements sur les cargaisons dangereuses. Ce système est automatique, il émet en continu aussi bien en haute mer qu´en navigation côtière voire au mouillage dans une rade. Pour la plaisance, des récepteurs ont été développés permettant de recevoir en clair les messages envoyés par les navires astreints et, depuis peu, des émetteurs / récepteurs permettant d´envoyer leurs propres informations. 

L´AIS plaisance et qu'apporte-t-il ? 

Pour la plaisance, on trouve deux versions d´AIS, un lecteur dédié avec son écran ou une boîte noire que l´on connecte à un lecteur de cartes ou un moniteur compatible voire à un micro-ordinateur. Pour pouvoir fonctionner, il doit être raccordé à une antenne VHF et à un GPS. A noter que certaines VHF (Icom et Navicom) sont équipées d´un AIS. 

Pour la sécurité, on a sur l´écran dédié (ou déporté), la route suivie par le bateau qui envoie le signal, sa vitesse et toutes les informations le concernant. Le risque de collision est également indiqué en précisant dans combien de temps elle risque de se produire. La portée moyenne est supérieure à 10 milles. Les appareils émetteurs / récepteurs ont les mêmes fonctions en réception mais permettent d´envoyer leurs propres données (position, nom, etc...). 

Qu´en est-il des réflecteurs et autres détecteurs radars ? 

Les réflecteurs radar ne font plus partie de la liste d´armement obligatoire. En fait, ils n´y ont jamais figuré, c´était une interprétation des équipementiers pour vendre ces morceaux de tôle dont l´efficacité n´est pas franchement démontrée. La règlementation stipulait simplement d´avoir à bord un système capable de réfléchir les ondes radar ce que peuvent faire le mât, le moteur, le gréement. 

Quant au détecteur comme le Mer-Veille c'est un récepteur d´ondes radar qui indique par des diodes le gisement des radars. 

On trouve également des réflecteurs radar actifs comme le Sea-Me qui amplifie et retransmet le signal radar reçu vers le radar émetteur. Son avantage est d'améliorer le signal retour. 

Ce qu´ils nous proposent ? 

Le marché du radar et de l´AIS

Deux marques se partagent le marché du radar dédié : Furuno avec deux modèles LCD monochromes et Simrad avec le RA40C couleur. Côté moniteur, le choix est beaucoup plus vaste, toutes les grandes marques (Furuno, Garmin, Raymarine, Simrad, Navman, JRC, Navicarte, NKE, etc...) en proposent. 

L´AIS est maintenant présent chez pratiquement tous les constructeurs. 

Simrad AIS

L´AIS50 est le premier AIS compact classe B avec écran couleur. La classe B permet non seulement de recevoir les messages émis par les bateaux possédant un système obligatoire (bateaux de plus de plus de 300 tonneaux) mais aussi d´émettre nos propres données (nom du bateau, position, vitesse, etc...). 

Raymarine récepteur AIS

La particularité de cet AIS (boîte noire) est de posséder un coupleur d´antenne intégré. Une entrée est prévue pour l´antenne VHF et une sortie vers la VHF. Cette solution évite d´installer deux antennes ou un coupleur déporté. 

Furuno récepteur AIS FA30

Ce récepteur Black Box, développé pour la plaisance et les bateaux professionnels de moins de 18 m, est compatible avec les radars et lecteurs de cartes Furuno, les PC et la nouvelle instrumentation Navnet v2. 

Navicarte radar

Le logiciel Navicarte SeaPro 3000, Racing ou Yachting peut être associé à une antenne radar-PC. Elle permet de visualiser non seulement la cartographie mais aussi l´image radar plein écran ou écran partagé ou avec superposition des images. 

Furuno M1623 et M1715

Ce modèle avec son écran de 6 pouces est conçu pour les bateaux de plaisance.  

L´affichage à 4 niveaux de gris différencie aisément les échos faibles des échos forts. Un modèle 1715 reprend les mêmes caractéristiques avec un écran de 7 pouces. 

JRC 1500 MK2

Cet appareil d´une puissance de 2 kW miniaturisé est extrêmement simple à utiliser. Son encombrement réduit permet de l´installer facilement sur un petit bateau. 

Activ écho

Cet appareil que l´on trouve principalement sur les bateaux de course permet de détecter les radars et d´amplifier les échos retour. Cette particularité fait que l'on est mieux détecté et visible sur les écrans des radars. 

Écran AIS

Lorsqu´un AIS est interfacé à un micro-ordinateur équipé de cartographie ou sur un lecteur dédié compatible, on a sur l´écran, la position du bateau émetteur et toutes les informations le concernant (nom, cap, vitesse, etc...). 

Furuno image double

Sur les radars permettant d´afficher deux images, on peut en avoir une de l´environnement proche du bateau et une autre à une plus grande échelle. Un plus pour la sécurité. 

Garmin écran partagé

Sur l'écran Garmin, on a deux représentations : la carte et l´image radar. On peut ainsi dissocier aisément les échos fixes (rocher, balises, etc...) visibles sur les deux images et les mobiles (bateaux) seulement présents sur l´écran radar. 

Sea-Me

Sea-Me est un réflecteur radar actif. Lorsqu´il reçoit un signal provenant d´un radar, il l´amplifie et le retransmet vers le radar émetteur. Lors de la détection d´un signal, le voyant vert placé sur le boîtier de contrôle se transforme en rouge clignotant. 

Plastimo, transpondeur radar

Pour la sécurité, le transpondeur radar SART (Search And Rescue Radar Transponder) est un appareil automatique qui permet de transmettre un signal de détresse à tous les bateaux équipés d´un radar en fonctionnement. Il indique l´endroit du sinistre. 

SeaTracer AIS

Le SeaTracer, importé par Maxdis, transmet et reçoit les messages AIS. Il peut être interfacé aux micro-ordinateurs, aux lecteurs de cartes et aux PDA. Son intérêt est qu´il envoie les coordonnées de notre bateau qui peuvent être reçues par tous les navires équipés d'un récepteur AIS. 

Ciel et Marine calculateur d´alarme AIS

Ce système s´adresse aux bateaux déjà équipés d´AIS et qui veulent l´exploiter lorsque le micro-ordinateur est éteint. Son principe est de recevoir les messages AIS et GPS en provenance du récepteur AIS de bord, d´évaluer les risques de collision et de déclencher une alarme. 

Ciel et Marine récepteur AIS

Le récepteur AIS présenté par Ciel et Marine est une boîte noire qui se connecte à un micro-ordinateur ou à un lecteur de cartes compatible (NMEA). Il peut travailler d´une façon autonome sans micro-ordinateur. 

Ciel et Marine Mer-Veille

Cet appareil est un simple récepteur. Il détecte les radars mais n´envoie pas de signal. Quatre diodes permettent de détecter le gisement des radars. 

MC Marine AIS

Ce récepteur AIS est proposé en deux versions avec ou sans GPS intégré. Dans cette dernière version, il suffit de lui raccorder une antenne VHF. 

Navman 8120

Le Navman 8120 fait partie de la nouvelle génération d´électronique multifonctions. Il peut être raccordé à de multiples appareils dont une antenne radar numérique. A partir de là, il devient un radar à part entière. 

Navman AIS

On retrouve sur ce modèle « boîte noire » un récepteur AIS qui est compatible avec les appareils répondant à la norme NMEA. Un interface est prévu pour le connecter à d´autres appareils compatibles Navman (EasySPLIT) tels que la VHF ou un récepteur radio. 

Raymarine Série E

Chez Raymarine, l´instrumentation s´organise autour d´un moniteur multifonctions lecteur de cartes (Navionics). Suivant la taille du bateau, plusieurs suggestions sont proposées qui peuvent être modulées en fonction des besoins. Pour la sécurité, ils peuvent tous recevoir une antenne radar et un AIS. 

Garmin série 3010

Pour ses nouveaux multifonctions de la série 3000, plusieurs écrans sont proposés dont un 10 pouces (3010). Lecteurs de cartes en standard, ils peuvent recevoir en option une antenne radar d´une puissance de 4 KW et également des informations AIS au format NMEA. 

Nasa AIS

Il a été l´un des premiers modèles plaisance. Cette nouvelle version, de couleur blanche, possède deux diodes qui indiquent son état de réception et la présence du 12 volts. 

Nasa AIS écran

Ce modèle a la particularité de posséder un écran de visualisation. Plus besoin de l´interfacer à un micro-ordinateur ou un lecteur, il est autonome. 

Contacts :
Garmin : 01.55.17.81.81
Maxdis, SeaTracer, Nasa : 02.40.76.17.50
Raymarine SD Marine : 01.30.14.68.33
Furuno : 05.56.13.48.00
Navicarte : 01.41.09.19.00
Navman Plastimo : 02.97.87.36.36
Ciel et Marine : 05.46.84.96.00
Navicom, JRC, MC Marine : 01.39.72.19.90
Activ Echo kannad : 02.97.02.49.49
Sea Me : 02.99.80.69.90
Simrad : 02.28.01.23.01 

Donnez une note :

3 commentaires

16/06/2009 10:39 - horeca a dit :

tres tres tres nteressant merci

achetant mon premier bateau ( bayliner2452) et desirant dans le futur fare de la mediteranee avec ( grece, egypte par suez, etc... ) je suis a l affut de toutes information, tout conseil
merci
horeca@yahoo.com

11/11/2008 10:37 - Jdfcar a dit :

Mon pont en teck...

Bonjour,
Merci d'aborder ses questions techniques de sécurité, car Il y aura dans l'avenir encore beaucoup de désastres en mer, car beaucoup préfereront un joli pont en teck que s'équiper.
Le plus grave c'est le silence assourdissant de beaucoup de fabricants de voiliers sur ces questions, et pire il y en a qui disent faire des bareaux hauturiers sans ces équipements justement.

08/10/2008 04:56 - Verna a dit :

Système de repérage de personnes tombés à la mer.

http://inventions.a.verna.free.fr/pagesauvetage.htm

_Ce système mobile ou fixe a pour but de faire repérer son porteur par l´élévation d´un réflecteur radar passif au moyen d´un ballon gonflé d´hélium ou d'hydrogène.
_Cette invention est constituée d´un ballon (gonflé lors de la chute à l´eau du sujet ou de l´objet) porteur d'un réflecteur d´ondes radar passif, lui-même relié au gilet de sauvetage ou container par un long et solide filin, ainsi que d´une cartouche de gaz de sustentation munie de son système de déclenchement manuel ou automatique.
_Le système de gonflage sera déclenché lors de l´immersion accidentelle, soit à la main, soit automatiquement selon l´utilisation pour laquelle il est prévu.
_Cette innovation est très utile pour éviter ou récupérer les containers tombés à la mer.
_Dans une autre version, le réflecteur est le ballon recouvert d'une pellicule métallique.

Votre commentaire
Tous les commentaires sont modérés avant publication, afin de garder toute objectivité, les publicités cachées ou contre publicités sont interdites, et leurs auteurs seront black-listés.

Voir toutes les news

Follow us on socials networks

facebook twitter dailymotion google

Abonnez-vous aux flux RSS

Suivez l’actualité de tous nos magazines en vous abonnant à notre flux RSS ou en vous inscrivant à notre newsletter que vous recevrez par email.

S'abonner à un flux RSS

S'abonner à une newsletter