07/01/2013


Occasion - Peut-on avoir confiance dans son bateau pas tout jeune ?

Un voilier d’occasion est-il aussi fiable qu’un neuf ? Que faut-il vérifier et faire avant de lui tirer dessus en régate ou s’embarquer pour une boucle atlantique sans risques ? Eléments de réponse.

Emmanuel Van Deth 

De la même façon qu’on ne partirait pas à l’autre bout de l’Europe à bord d’une voiture de 200.000 kilomètres sans faire une sérieuse révision, un voilier d’occasion réclame évidemment quelques précautions. Mais il ne s’use pas comme une voiture… 

D’abord un voilier dure bien plus longtemps : son âge moyen sur le marché de l’occasion est de 27 ans et son espérance de vie est de… 40 ans (contre 15 pour une voiture). Ensuite il est bien plus facile de remettre en état un bateau qu’une voiture. C’est tout de même bien plus simple de changer un étai, une vanne ou un winch qu’un amortisseur, non ? 

Emmanule Van Deth 

D’une manière générale, les voiliers construits en polyester depuis la fin des années 1970 sont indestructibles structurellement. En usage normal s’entend : un mauvais talonnage aura raison des varangues… Le matériau est depuis cette époque parfaitement maîtrisé en termes de renforts et d’échantillonnage. Attention aux unités des années 1960, souvent sujettes au délaminage du pont quand ce n’est pas un ramollissement général. Pas d’inquiétude excessive quant à l’osmose : ces vilains boutons n’ont jamais coulé un bateau, qu’on se le dise… Pour les autres matériaux – bois, acier, alu – l’entretien dicte l’avenir du voilier. Dans le doute – et c’est valable sur toutes les unités, dès que le montant dépasse 20 ou 30.000 euros, n’hésitez pas à demander une expertise. Une fois le haubanage remplacé (tous les dix ans, surtout s’il y a un enrouleur de génois, lequel a tendance à détoronner l’étai), il faut faire le tour du bateau : l’idée est de vérifier les classiques points faibles. A l’intérieur, on checke le presse étoupe, les vannes, le circuit électrique et bien sûr le bon fonctionnement du moteur. 

Un poste onéreux, le moteur 

C’est souvent ce poste-là qui réserve les mauvaises surprises les plus coûteuses. Consultez les factures d’entretien, c’est un bon résumé de la vie de la mécanique. Sous les planchers, on inspecte les fonds – pas de varangues destratées ou carrément cassée, pas de cloisons descellées – et l’éventuel puits de dérive. Pour le reste, c’est-à-dire vaigrages, hublots – pas de fuite quand même - et sellerie, il s’agit de points cosmétiques non urgents. 

Sur le pont, jetez un coup d’œil à l’électronique (un cadran de plus de 10 ans qui ne marche plus est à changer, pas à réparer), à l’accastillage – qui s’en sort généralement bien, aux ancrages de cadènes, au pied de mât et embases de chandeliers. Sans oublier les voiles. 

Emmanuel Van Deth 

Le grand classique à changer ? Le vit de mulet, si la bôme reste en l’air et non posée sur le pont. Si les points d’impact sur la coque sont faciles à repérer, ceux de la carène le sont moins. Il est nécessaire de sortir le bateau de l’eau… ou de plonger. A vérifier : l’état de la quille et des joints – ils peuvent traduire un récent choc sur un caillou – de l’hélice et surtout du safran. Bris de la pelle, surtout si elle est en bois, arrachage des ferrures mal serrées, mèche tordue sont des grands classiques : mieux vaut prévenir que guérir. Une fois ces points vérifiés et les avaries constatées réparées, vous pouvez partir tranquille et souquer sur votre voilier… 

Vous serez même plus détendu qu’à bord d’un voilier neuf : qui dit neuvage dit souci de mise en route ! 

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2 commentaires

24/02/2013 09:35 - Jean-François Mury a dit :

Classe.

Quelle classe ce magnifique Arpège sur la 1ère photo !!!!!

17/01/2013 11:18 - tabey a dit :

bavaria

un voilier qui à touché fortement un cailloux et bien réparé vaut_il moins chere

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