01/01/2005


ACCN Triptyque - Essai Triptyque 18, un bateau sur 3 pattes !

Le triptyque 18 est un trimaran de raid côtier de 5 m de long, que nous avons essayé courant janvier, par une froide journée dominicale.

Les conditions climatiques ne correspondaient pas à l´utilisation première de cette embarcation : un soleil radieux et une mer chaude aurait mieux convenu, mais au moins l´essai nous a permis d´appréhender les possibilités d´une utilisation hivernale. 

La mise à l´eau 

Bien que ce trimaran se présente comme un habitable, avec une vrai cabine double (nous le verrons plus loin), sa mise à l´eau est très facile, comparable à celle d´un dériveur de double : pas de tirant d´eau, 200 kg à vide ; il suffit de le laisser descendre tout seul de la remorque. Si besoin est, une personne peut le soulever pour le remettre sur les rails. Détail amusant mais très utile lorsque la pente de mise à l´eau est encombrée : on peut le mettre à l´eau aussi bien avec les bras ouverts que avec les bras fermés, la manoeuvre pouvant s´effectuer depuis le cockpit, aussi bien à l´eau qu´à terre. Sur la remorque ou au ponton, les coques latérales ne dépassent pas la largeur de la coque centrale. Il a une « allure de monoque ». Pour naviguer sous voile, il suffit de tirer sur 2 bouts dans le cockpit et de poser 4 goupilles et le monocoque devient un trimaran, passant d´une largeur de 1.3m à 3.3m. Autre détail bien vu : le mat ne repose pas directement sur le pont. Il est soutenu par un bipode qui assure son maintien pendant la manoeuvre de matage. Nous matons sur la remorque, ouvrons les bras et mettons le bateau à l´eau en quelques minutes. 

Sous voiles 

Si le soleil n´est pas au rendez-vous, un vent régulier de 15 noeuds nous permet de nous dégager très rapidement de la mise à l´eau : peut être trop rapidement car le chenal est traversé en quelques secondes : virement de bord, et, surprise, nous repartons encore plus vite dans l´autre sens. La prise en main est rapide et rassurante : virement vif et maintien du cap sans effort, barre neutre mais vivante. Un petit reproche : la barre franche est longue et manque d´angle de braquage. L´architecte en est conscient. Une solution sera bientôt proposée pour garder la sensibilité de la barre franche et augmenter sa manoeuvrabilité. 

Nous portons foc et GV, les voiles de la version de base. Le flotteur sous le vent ne s´enfonce pas beaucoup, même sous les risées. Les étraves n´enfournent pas et nous sentons les variations de vitesse du vent par des mouvements de gîte légers et des accélérations franches. Nous remontons le chenal au louvoyage avec des bords de 45 à 50 degrés de chaque coté du vent, à une vitesse toujours supérieure à 7 noeuds. Les carènes donnent vite le sentiment d´être affûtées. Nous croisons un First class 10 bien gîté au largue : voici un lièvre bien commode : nous nous alignons sur son cap en abattant et comparons les vitesses... pas longtemps car nous le dépassons rapidement : le GPS indique 11.5 noeuds de moyenne en toute simplicité. 

Autre surprise, le clapot court de 50 cm ne freine pas notre marche : peu de tangage et aucun embrun : le roof n´y est pas pour rien. Empannage et retour vers la mise à l´eau au grand largue : les performances sont moins existantes : 6 à 7 noeuds. En effet, le trimaran fraîchement sorti du chantier ne porte pas encore toute sa garde robe. Il nous manque le gennaker avec son bout dehors et surtout un spi pour conserver une vitesse élevée au portant. Ce sera l´occasion d´un autre essai. 

Pour beacher : pas de soucis : larguer les bouts de maintien des appendices : safran et dérive. Le bateau tire alors 15 cm d´eau. 

Cet essai nous a permis de mettre en évidence le potentiel de vitesse très élevé de ce trimaran. Dans des conditions plus musclées et avec une garde robe complète, il doit être possible d´atteindre des vitesses encore nettement supérieures. 

Aménagement 

Mettre une cabine sur un multicoque de 5 m, pourquoi pas ! Mais concevoir une trimaran de 5 m qui accueille une couchette de 120 par 200, réellement utilisable, un coin réchaud, des rangements, un cockpit de 2 m de long, un support moteur, des trampolines confortables, ... etc ; je m´attendais au pire sur le plan des performances et de l´esthétique. Si, comme nous l´avons vu, les prestations sous voiles sont dans le haut du tableau, l´habitabilité n´est pas en reste : tout y est, et tout cela parfaitement intégré. La cabine est libre sur toute sa largeur : voilà une autre raison du bipode dont nous avons déjà parlé plus haut : pas d´épontille. En arrière de la cabine se trouvent à gauche un réchaud et à droite un coin navigation. Sous la grande marche de la descente qui abrite les bras de liaison, vient coulisser un lavabo. Tout ce qui est nécessaire pour le camping côtier est proposé. Un WC est même en option : le luxe ! 

Seul reproche : pas de baille à mouillage à l´avant : Christophe Maurel, architecte du bateau s´en explique en raison de la nécessité de centrer les masses.  

En conclusion, ce trimaran propose de nombreuses innovations qui facilitent et simplifient l´usage d´un multicoque. Il est accueillant aussi bien la journée que la nuit, parfaitement adapté au programme de camping côtier avec des équipements de confort rares dans la catégorie. Il est rapide, évolutif et agréable à barrer. Mais ce qui nous a fait le plus craquer, ce sont ses lignes tendues et harmonieuses : quel joli bateau sur 3 pattes ! 

Texte : Emmanuel LASSERRE
Photos : chantier Triptyque 

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