01/01/2005


Hobie Cat - Essai Hobie Cat Pacific, le cata des grandes aventures !

Le Hobie cat Pacific fut présenté au public lors du Salon Nautique de Paris en décembre 1999. Depuis, sa gamme s´est étoffée, il existe plusieurs versions : Standard et Sport.

Cette dernière version propose des équipements supplémentaires comme une bôme, un arthur pour contrôler la rotation du mât et un chariot de foc pour régler l´ouverture de cette voile. Les wings et spi restent en option. 

L´allure générale du Pacific se veut rassurante, voir même inspirant la solidité. Il s´adresse à des équipages adultes, cherchant un cata simple et rapide à préparer, comme à faire naviguer grâce à ses ailerons, bon marcheur, et facile à tenir sur de longs bords. 

Voilà pour la présentation, alors commençons la revue de détails. Les coques sont en polyester avec une âme en sandwich mousse. On peut s´étonner qu´Hobie cat, qui a repris les coques du réputé Alado de Jacques Valer pour faire son Tiger, n´aie pas repris les coques du "Balado", Alado version aileron, pour faire son Pacific ! Le chantier Hobie cat a préféré faire une extrapolation de la carène du Tiger pour créer celle du Pacific ! La coque a donc subi la greffe d´un plan anti-dérive, des ailerons remplacent les dérives, avec des semelles d´usure. Les étraves ont été arrondies et le volume des flotteurs a été revu à la hausse. Les poutres en aluminium anodisé noir sont également issues du Tiger, mais ramenées à 2,50 m pour entrer dans le gabarit routier. Elles semblent imposantes et ne passent pas inaperçues tant elles paraissent surdimensionnées, le dessin du profil y est certainement pour quelques chose ! Elles sont montées par 2 boulons sur chacun des inserts de coque, une trappe de visite donne accès à chaque insert. La poutre arrière intègre le rail de grand-voile et se finit par des butées pour limiter les courses folles du chariot de grand-voile dans les empannages. L´accastillage du bateau est signé Harken, le plan de pont est simple et fonctionnel, voir même minimaliste pour un cata de 18 pieds. Le trampoline, en mesh noir, est monté par un laçage sur les poutres et tendu latéralement par des bouts ; on a connu plus pratique ! L´antidérapant du liston, permettant aux pieds de ne pas glisser au trapèze, n´est pas intégré aux coques, il est obtenu par l´ajout d´une bande antidérapante en néoprène noir, au demeurant très efficace. Le foc est monté sur enrouleur, la bôme dans la version Sport intègre un réglage de bordure de grand-voile. La sortie des câbles de trapèzes est intégrée directement au trampoline. Le spi en option est équipé d´un snufer, avaleur de spi, qui facilite grandement son utilisation et le met à la portée de tous. Le mât classique est équipé de barres de flèche, il est également en aluminium anodisé noir. La surface de voilure est importante, avec une grand-voile de 15,50 m² et un foc de 4,15m², la grand-voile est esthétiquement réussie avec sa coupe radiale. L´ensemble pèse 165 kg, poids chantier non vérifié, il est probable qu'en version sport équipé des wings et du kit de spi il se rapproche dangereusement des 200 kg. Dans la version Sport, la GV et le foc ne sont ni plus ni moins celle du Tiger, il y a un Tigre sous le capot ! 

Le résultat final donne un aspect très solide, la finition est bonne, mais on ne peut pas dire que le Pacific soit une réussite sur le plan esthétique, avec ses coques hautes et massives, et ses poutres proéminentes, le chantier nous avait habitué à un design plus soigné ! 

Pour écrire ce test, nous avons réalisé plusieurs essais afin de pouvoir librement comparer nos points de vue, échanger nos impressions et corroborer nos résultats. 

C´est avec Raphaël, qui connaît bien le Pacific, que je vais réaliser ce premier test, il y en aura d´autres. Nous naviguons par un vent de force 3 bien établi avec des vagues relativement importantes résultant d´un coup de vent passé la veille sur notre site de navigation. Nous quittons la plage, bordons les voiles et nous voici déjà au trapèze sur les wings. Les coques sont hautes sur l´eau, la hauteur de franc bord préserve l´équipage des embruns, la navigation est puissante et plaisante, la route est stable mais on sent qu´il faut un minimum de vent pour bien faire avancer notre monture. Les ailerons accrochent bien et permettent de soulager la coque au vent. La remontée au vent est bonne sans être exceptionnelle, de toute façon mieux vaut abattre un peu avec ce type de carène pour gagner en vitesse, plutôt que de vouloir suivre des catas équipés de dérives. 

Nous attaquons notre premier virement de bord vent devant et faisons un superbe manque à virer, « ne t´inquiètes pas, cela arrive à tout le monde et les vagues peuvent bloquer la giration de nos coques », nous faisons un virement lof pour lof et repartons sur un bord de portant, c´est plaisant et j´ai hâte de prendre la barre. Deuxième virement vent devant et deuxième manque à virer : inquiétant ! Nous tentons notre troisième virement et j´observe Raphaël, il choque bien sa grand-voile lors de son passage, ça passe. Nous étions peut-être trop sur l´avant ! « 1 virement sur 3 passant du premier coup, c´est pas terrible ! ». A mon tour de barrer. La barre sur les catas à ailerons est toujours plus ferme que sur les catas à dérives, c´est normal car les lames de safrans dans le prolongement des ailerons servent également de plan anti-dérive, mais concernant le Pacific, je trouve que la barre a tendance à être franchement ferme, j´ai l´impression de tenir la barre d´un cata d´il y a quelques années ! 

Bien calé sur la coque sous le vent, la coque au vent est hors de ses lignes d´eau, seul l´aileron au vent écrête les vagues, nous sommes au trapèze et je tire sur la machine pour voir ce qu´elle a dans le ventre : ça va vite comme une locomotive sur ses rails. Nous sommes au près et j´abats progressivement pour passer travers, tout en réglant nos voiles et en nous reculant. L´étrave sous le vent est à mi-hauteur d´eau et coupe les vagues franchement. Soudain, dans un coup de vent et sans signe annonciateur, la coque sous le vent plonge sous l´eau sans en ressortir, coup de frein général et très brutal : tout le monde descend ! Voilà une figure surprenante à cette allure de navigation pour des coques dites modernes, naviguer l´étrave à mi hauteur n´a rien de surprenant, mais être stoppé de la sorte sans avoir subi aucun signe annonciateur d´enfournement ou de coup de frein me laisse perplexe ! Nous redressons notre Pacific sans aucune difficulté et continuons notre navigation, un peu vexé tout de même de m´être laissé surprendre de telle manière, et surtout beaucoup plus prudent car je suis tombé du haut du wing sur la coque avant et l´arrivée a été plutôt brutale, voir douloureuse ! « J´ai déjà pratiqué cette figure, mais jamais sous cette allure de navigation, voilà qui est fait ! » 

Je vais attaquer mon virement de bord vent devant et fait attention de bien décomposer ma manoeuvre : ça passe, mais il faut reconnaître que la barre n´est pas une référence et que les ailerons ne facilitent pas le virement : très reculés, ils sont certainement pour quelque chose dans la difficulté de virer ! Après quelques bords, nous mettons cap vers la plage, pas de dérive à remonter, c´est génial, nous pouvons faire notre arrivée franchement sur le sable. Une fois sur la plage, nous décidons de remonter un peu notre bateau, oui mais voilà, même à deux, l'engin est tellement lourd qu'on ne peut que le tirer sans le soulever. Les ailerons "à ailettes" font alors charrue et s'enfoncent dans le sable ! 

Alors, que penser du Hobie cat Pacific ? Vous l´aurez bien senti, notre sentiment est mitigé concernant cette embarcation. C´est un excellent marcheur et un catamaran bien adapté pour faire de longs bords et des raids ; en revanche, le comportement, la sensibilité de la barre et les manoeuvres sont pénalisés par le poids et le mauvais dessin des ailerons anti-dérive, ce qui fait perdre du plaisir de barrer. Ces ailerons très reculés rendent les virements difficiles, il faut bien penser à soulager les étraves pour ne pas bloquer la giration des coques. Quant à notre figure, elle est surprenante : manque de volume des coques, cata trop lourd, ... ? Il est vrai que nous poussions à fond notre embarcation, nous étions là pour cela. Néanmoins, nous étions bien positionnés dans les lignes d´eau et n´avons jamais senti de coup de frein annonciateur. L´étrave sous le vent aurait du ralentir le cata et non pas le bloquer, elle a fait coin dans l´eau sans pouvoir être soulagée par la forme de pont qui est plat. Bref, une fois averti, il suffit d´être prudent. Mais je n'ose imaginer le comportement de notre cata avec un sac de raid pesant une bonne vingtaine de kilo et ficelé au pied du mât ! De construction apparemment robuste, bien accastillé et coloré, Hobie cat nous avait habitué à des embarcations plus plaisantes esthétiquement et plus abouties techniquement. Il est vrai que le chantier n´a pas une grande expérience dans les coques de 18 pieds à ailerons ; alors, comme l´Alado avec le Tiger, pourquoi ne pas avoir sélectionné le Balado pour faire le Pacific, cela aurait évité de bidouiller l´excellente carène du F18 en une carène à aileron pour raids, car concernant les 18 pieds à ailerons, la concurrence fait mieux ! 

Texte : Pierre Wasselin
Photos : Hobie cat 

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1 commentaire

27/12/2009 13:55 - parier en ligne a dit :

ailerons

Les ailerons trop reculés gênent les virages, mais j'ai constaté qu'ils augmentent la vitesse. Impression ou réalité ?

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