20/01/2009


Tara - Interview avec Etienne Bourgois, directeur de Tara Expéditions

Etienne Bourgois, directeur de Tara Expéditions fait le bilan de la présence de Tara à Paris et se confie sur le futur de Tara Expéditions.

Quel premier bilan tirez-vous de la présence de Tara à Paris ?

La première chose c'est que nous prolongeons de trois semaines
la présence de Tara jusqu'au 1er février.
En ce qui concerne la fréquentation, celle des scolaires va au-delà de nos espérances. Nous avons été obligés de rajouter des créneaux pour les visites. En tout à la mi-janvier, il y aura près de 130 classes qui auront visité Tara.
En ce qui concerne le grand public, la fréquentation est importante
malgré la pluie ou le froid ! 

Quels sont les principaux messages que vous recevez sur le lieu de l'exposition ?

Les visiteurs nous encouragent à continuer notre action avec Tara. Ils nous parlent beaucoup de la nécessité pour les entreprises d'investir dans l'environnement. Il y a aussi beaucoup de messages d'espoir de la part du grand public. Oui nous pouvons encore changer les choses !
Il y a également une forte demande d'entendre encore davantage les scientifiques.
Et, enfin une réelle volonté de savoir quoi faire au quotidien pour sauver la planète. D'autres organisations le font très bien comme le WWF ou la Fondation Hulot.
Notre rôle à nous est de proposer la plate-forme Tara aux scientifiques et d'en faire aussi une plate-forme de communication pour ces mêmes scientifiques. 

Quelles sont les prochaines grandes échéances pour Tara ?

Pour l'exposition, nous avons des demandes en France et à l'étranger. Elle sera donc transportée par cargo ou par train puisque nous l'avons
imaginée dans des containers.
Le bateau, lui, va retourner à Lorient à la fin du mois de février. Il repassera par Rouen puis fera probablement des escales à Roscoff à la mi-février et à Saint Malo en mai. Puis il se préparera au prochain défi de Tara, l'expédition Tara-Oceans. 

Tara va donc repartir en expédition ?

Oui nous avons décidé d'aller de l'avant. Il nous manque encore des partenaires, mais nous nous lançons dans ce programme ambitieux de 3 ans autour de tous les océans du monde. Notre avenir dépend de la biodiversité des océans. Tara est certes un petit navire océanographique, mais il fera des mesures quotidiennes dans la durée, ce qui manque souvent à la recherche.
Il va falloir réunir un grand nombre d'énergies pour y arriver. Il s'agit d'un programme long mais nous avons plus de certitudes qu'au début de l'expédition Tara Arctic... Nous avons aussi accumulé une certaine expérience en matière logistique et administrative. Nous allons également à cette occasion développer un nouveau site Internet et essayer une fois encore de rendre compte de nos actions auprès du grand public.
Nous lancerons l'expédition dans les prochains mois, le départ devrait avoir lieu en septembre prochain. 

Quelle sera l'équipe à bord durant ces 3 ans ?

Nous essayons de mettre en place deux équipes internationales avec de nombreuses cordes à leur arc. Il y aura en permanence 5 membres
d'équipage, 5 scientifiques, 1 chef d'expédition ainsi qu'une petite équipe pour tourner des images et témoigner par écrit de cette formidable aventure. 

Tara va donc revenir à Lorient pour une série de travaux ?

Oui il y a un très gros travail d'adaptation de Tara pour l'expédition Tara-Océans. Nous allons beaucoup travailler sur le portique arrière de Tara pour installer une CTD dynamique. Il nous faudra vérifier les moteurs et installer un nouveau groupe électrogène plus puissant pour l'hydraulique de ce treuil. Une cabine sera transformée en laboratoire. Nous allons aussi réfléchir à un système de stockage pour les échantillons.
Les voiles vont être changées comme le gréement courant, l'accastillage. Le système de ventilation de Tara va être augmenté pour les zones chaudes.
Bref, le programme est chargé ! 

Que pensez-vous du paquet énergie-climat qui a été voté par l'Europe ?

C'est une fantastique avancée. D'autant plus remarquable que cela s'est faite à 27. Bien sûr nous pouvons toujours faire mieux et la route est encore longue.
Maintenant il faut penser à la réunion à Copenhague en 2009 qui va conduire à l'adoption d'un nouveau texte destiné à remplacer le protocole de Kyoto.
Je pense aussi qu'il faut saisir l'opportunité de la grave situation
financière pour relancer l'économie autour du développement durable. 

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