30/06/2007


Tara - Voyage filmé au coeur de la machine climatique

La société de production de films MC4 et Tara Expéditions développent en coproduction un film de 90 minutes basé sur l'expédition Tara-Damocles. Ce long-métrage documentaire a pour objectif ...

... d'emmener les spectateurs dans une odyssée scientifique à la découverte de la « machine climatique ». La première diffusion est prévue en prime time sur ARTE en mars 2008. ARTE est le partenaire médias de l'expédition. 

Tourné en haute définition, le film est dirigé par le réalisateur Emmanuel Roblin. À 40 ans, ce dernier, qui a plus de 38 documentaires à son actif, signe ce qu'il considère être un « véritable long-métrage documentaire » mettant en scène la richesse d'imprévus et d'évènements que comporte une telle expédition à travers l'Arctique. Le réalisateur, spécialiste de grands films nature, a choisi de montrer la science en marche, celle qui ne verse pas dans le « catastrophisme gratuit mais apporte une vision positive, documentée » arguant de ce que le public a le droit lui aussi de comprendre ce qui se passe en Arctique et plus largement en matière de climat sur la planète. Emmanuel Roblin ajoute toutefois que « les destins individuels et l'aventure humaine » n'en demeurent pas moins le coeur battant de ce film destiné au grand public.
Les tournages ont commencé avant le départ de Lorient et se sont poursuivis en septembre 2006 avec le début de la dérive de Tara sous les caméras du chef opérateur Bruno Vienne. Embarqué pendant les 6 mois de la nuit polaire, il a dû composer avec le froid, la nuit et les hommes. «J'étais à la fois observateur et membre d'un équipage de l'extrême » rappelle Bruno Vienne qui reconnait avoir eu « à poser la caméra » pour donner du temps à la mission avant tout. Malgré cela, il ramène des images inédites comme lorsque la banquise se brise en éclats ou quand
Tara subit les assauts des crêtes de compression. « L'Arctique nous a livré un incroyable spectacle que la nuit polaire rendait encore plus impressionnant » précise le caméraman qui a tourné par tous les temps et dans une obscurité parfois totale. Il reconnait aussi qu'il a fallu beaucoup de « tact » pour filmer le huis clos sensible d'une équipe isolée du monde bataillant pour effectuer ses missions scientifiques.
Bruno Vienne a été relayé au début du mois d'avril par une nouvelle équipe. Une équipe de jour. « Dans l'Arctique, quand il y a un white-out, on ne distingue plus les contrastes mais à l'inverse, en avril par temps dégagé, le soleil offre des lumières dorées pendant 24 heures » s'enthousiasme Philippe Moreau. Le nouveau caméraman a couvert un programme d'avril riche en séquences scientifiques avec le déploiement de nouvelles expérimentations. Avec le jour permanent, chercheurs et équipe de tournage partaient travailler sur la banquise à toute heure. « On ne déchargeait même plus les caméras des pulkas » précise Philippe Moreau qui rappelle que « pour filmer par ici il faut avoir aussi le réflexe d'emporter une radio et un fusil contre les ours ». 

Empruntant au cinéma sa machinerie de grue, travelling et autres plans aériens, ainsi que l'imagerie de synthèse 3D, la réalisation de ce film au coeur de l'Océan Glacial Arctique constitue un défi humain autant que technologique et logistique. Pourtant, au-delà de la prouesse technique, faire des scientifiques des héros modernes sans dénaturer leur parole reste sans conteste le plus grand défi de ce voyage au coeur du climat. C'est aussi le pari de Tara Expéditions, Damocles et du producteur délégué MC4. 

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