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Lundi 9 avril, la première rotation aérienne a pu avoir lieu entre Longyearbyen (Spitzberg) et la base polaire Tara (87°Nord, 124°Est).
Cette première rotation vise à relever une partie de l'équipage et à assurer la logistique permettant le déploiement du programme scientifique prévue pour le mois d'avril lequel demeure néanmoins pour partie suspendu au bon vouloir des autorités russes concernant le largage aérien des matériels nécessaires.
En partance de Longyearbyen à 11 heures, heure locale, il y avait à bord du DC3 : François Bernard, Anatoly Goncharov, tous deux spécialistes en logistique et base polaire qui séjourneront sur la base tout le mois d'avril, Philippe Moreau, cameraman.
Marion Lauters, responsable d'un programme de biologie et intendante ainsi que Guillaume Boehler qui remplace Nicolas Quentin en tant que chef mécanicien, complètent cette équipe de nouveaux arrivants.
Marion a embarqué dans l'aventure pour un an ! Guillaume pour sa part a signé pour 6 mois.
Après 1.400 kilomètres et 4 heures de vol, ils ont rejoint Tara. On imagine la forte émotion qui a dû saisir l'équipage de Tara à la vue de cet atterrissage après sept mois d'isolement total sur la banquise arctique.
Selon Guillaume à bord de l'avion : "On a atterri sur la banquise tout près du bateau, tout en douceur, vraiment impressionnant ! Moins de secousse que sur le tarmac d'un aéroport avec un vol commercial classique."
Le médecin Denys Bourget, le cinéaste Bruno Vienne et le capitaine / second mécanicien Hervé Bourmaud ont quant à eux pris le DC3 dans le sens retour vers Longyearbyen. Après sept mois sur Tara dont la majorité dans la nuit polaire, ils ont retrouvé la terre ferme dans la soirée de lundi. Hervé Bourmaud réembarquera sur Tara à la fin du mois après quelques jours de repos auprès de sa famille.
Cela faisait plusieurs jours que les huit hommes à bord de Tara préparaient avec énergie la piste d'atterrissage nécessaire aux quelques rotations qui vont avoir lieu pendant le mois d'avril. Compte tenu du peu de moyen a disposition de l'équipage faute d'avoir reçu du ciel le matériel tant attendu la piste réalisée est plus courte que prévue et oblige a réduire a 500 kilos par vol la charge utile transportée au lieu des 1.800 kilos escomptes.
Les administrations russes en effet, n'ont toujours pas autorisé le parachutage de 30 tonnes de matériel.
Cette réduction de capacité a pour conséquence d'amputer la mission scientifique qui doit avoir lieu durant le mois d'avril avec la venue d'une vingtaine de scientifiques du programme européen DAMOCLES. Il est encore cependant trop tôt pour décrire ce qui ne pourra être fait. Bien que les heures passent et que s'amenuise la perspective de trouver un accord avec les administrations russes tout espoir n'est pas pour autant abandonné.
Etienne Bourgois, le directeur de l'expédition, a demandé mardi par lettre à Jacques Chirac d'intervenir auprès de Vladimir Poutine pour que le président russe autorise le parachutage sur la banquise du matériel.
"J'ai saisi mardi le président de la République, car notre mission a été lancée sous son haut patronage", a déclaré Etienne Bourgois qui se trouve à Longyearbyen au Spitzberg.
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