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Le magazine de la voile sur internet
Alain Giese a débarqué à Bombay, le jeudi 25 mars dernier, au terme de 6 semaines de présence à bord du voilier océanographique Tara. De Djibouti à Bombay, Alain a accompagné l'expédition scientifique Tara Oceans via les ...
... escales d'Abu Dhabi et Mascate, veillant à la bonne marche du voilier tout au long de ces 6 semaines de prélèvement scientifiques. Heureux d'avoir renoué avec son passé de capitaine au long cours, Alain se dit aujourd'hui fier d'avoir apporté en son nom et en celui du Yacht Club de Monaco, sa modeste contribution à un projet d'envergure, destiné à faire avancer les connaissances sur l'état des ressources de l'univers marin.
Alain s'est ainsi appliqué à remplir consciencieusement sa mission de second du capitaine Hervé Bourmaud. Il a aussi tenté, avec sa bonne humeur et son humour coutumiers, de rendre la vie à bord de la grande goélette soumise aux oppressantes contraintes climatiques de cette torride partie du globe, aussi agréable que possible.
Il nous livre, après un repos bien mérité, ses premières impressions
« Bombay... 1er port des Indes... 20 millions de personnes s'accrochent autour de cette cité : Dream City... la cité des rêves... près de 2000 personnes arrivent tous les jours, faisant ainsi augmenter une population déjà trop nombreuse... on dort dans la rue, on invente milles métiers pour survivre, on devient ou on reste encore plus pauvre... même si on a tourné un film ! Bref, des griffes de Bombay, personne ne sort indemne !
Musées, monuments, Temples Indiens bariolés et chargés de têtes d'éléphant ou dans la fumée d'encens, les pratiquants déposent quelques grains de riz... Les rites sont millénaires. On est dans le contraste perpétuel de l'inde magique, spirituelle aussi bien que matérialiste. Indous, musulmans, sikhs, chrétiens, juifs et bouddhistes... ici, toutes les religions s'entrecroisent. Se côtoient une myriade de mendiants, un aéroport ultramoderne, des vaches sacrées à tous les coins de rues... Ce kaléidoscope humain vous donne le vertige et vous intrigue. Que se passent-ils dans leurs têtes ?
Le Taj Mahal Hotel, tristement célèbre, a fait disparaitre toute trace de ce qui a pu arriver, restaurant, bar luxueux ou se croisent personnalités de Bombay et riches touristes laissent entrevoir ce que peut être le luxe dans ce fabuleux pays.
Le Royal Bombay Yacht Club (RBYC), un registre vieillot où l'on décline son identité, un couloir extérieur deux étages un escalier victorien, quelques photos jaunies de Beken, tout est resté semble-t-il dans l'ordre des choses mises en place il y a très longtemps.
1842, création du club: les Anglais sont à leur apogée sur ce continent et ce n'est pas les quelques problèmes de vente d'opium en Chine ou la chute du cours de l'indigo pour l'exportation vers Europe qui empêcherait le colonial britannique de savourer un Whisky au bar du club en discutant de l'incroyable victoire de la goélette America à Cowes.
Au RBYC, tout est resté dans cet esprit colonial très spécifique aux comptoirs des Indes et même le commodore, gérant de ce club, en vous serrant la main, vous laisse cette impression d'immobilisme suranné.
La chambre réservée vous laisse une belle vue sur la rade, la porte des Indes et le Taj Mahal Hotel. Et votre petit salon bien disposé permet de vous reposer après un bon bain dans une baignoire datant de l'époque victorienne. Un thé que vous dépose à pas feutré un indien souriant complète ce petit bonheur de tranquillité décalé.
Demain nous serons à Dehli... ! »
Alain Giese pour le Yacht Club de Monaco.
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