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Le magazine de la voile sur internet
En cette fin d'année, Etienne Bourgois revient sur le sommet de Copenhague et dresse le bilan des premiers mois d'expédition.
Nous avons tous cru à un consensus international mais nous en sommes très loin. Nous avions pourtant déjà perdu huit ans sous l'ère Bush... Plus que jamais nous devons maintenir la pression sur les hommes politiques. Le changement climatique est une réalité, la Terre va se réchauffer de 2°C à l'horizon 2050.
Le système « onusien » a sans doute montré ses limites à l'occasion de ce sommet. Il nous faut repenser à une gouvernance internationale qui pourrait imposer les changements nécessaires avec des directions claires à 20 ans. Une gouvernance qui irait au delà des mandats des politiques qui sont élus pour des périodes bien plus courtes.
Les investissements à faire pour les grandes entreprises doivent être réfléchis à long terme afin qu'elles puissent faire les bons choix en matière d'énergie, de transport etc...
J'ai aussi pu constater à Copenhague à quel point les ONG jouent un rôle important. Si nous, Tara, nous pouvons apporter quelque chose à l'énorme travail qu'elles réalisent, j'en serai très heureux. Continuons à interpeller la population et agir sur les politiques. Il ne faut absolument pas que cette énergie retombe.
Et enfin, il est frappant de constater que les Etats ont pu trouver des ressources pour faire face à la crise financière mais qu'ils sont inefficaces pour trouver les moyens de relever ce défi environnemental. De plus en plus, les humains dépendent de la biodiversité et non l'inverse. Il ne s'agit plus uniquement de sauver les phoques et les baleines.
Après trois mois de mission, nous avons passé la période des réglages et des ajustements. Tout fonctionne sur le bateau, y compris les prototypes embarqués. Eric Karsenti a fait cette semaine un bilan scientifique de ces premiers mois.
La mayonnaise dans l'équipe, à bord ou à terre, a très bien pris. Une fois de plus, c'est la force de Tara : réussir à fédérer des personnes d'âge, de nationalités, de compétences très différentes. Tara Oceans, c'est un véritable travail d'équipe. Tout le monde en oublie son égo.
Partout en Méditerranée, nous avons reçu un merveilleux accueil même si le bateau est souvent en zone portuaire, sous douanes, donc difficilement accessible par le public. A chaque fois les autorités locales et françaises, les scientifiques des laboratoires impliqués sur place et les jeunes ont partagé avec l'équipe à bord des moments très précieux.
Le programme pédagogique a officiellement démarré ce mois ci en collaboration avec le CRDP (Centre Régional de Documentation Pédagogique) de Bretagne ce mois-ci. Nous espérons qu'il aura une ampleur nationale. J'y attache vraiment une grande importance.
Nous allons embarquer à bord d'avantage de journalistes et d'artistes afin de témoigner encore mieux et d'une manière différente des enjeux de notre mission, auprès du grand public.
Oui. Nous sommes en étroite collaboration avec les différents ministères car la sécurité est le point majeur de ce passage. Tara va moins communiquer pendant cette période. Tout le monde comprendra que nous allons disparaître des écrans afin de ne pas faire la Une de la rubrique faits-divers...
Oui je rêverais d'être plus souvent sur Tara mais je dirige une entreprise de 1.800 personnes dans le monde. Et le monde vit une période de crise économique.
Depuis 7 ans, je n'ai passé que deux mois à bord !
Pour Tara Oceans, je suis plus utile à terre. Nous devons trouver encore des financements pour la deuxième et la troisième année de l'expédition. Je dois dire que c'est un peu crispant, nous nous orientons d'avantage vers une recherche internationale. Aujourd'hui, c'est ma priorité, maintenant que je suis assuré que tout fonctionne à bord.
En parlant d'être à bord, je remercie vraiment l'équipe sur Tara, les deux capitaines, Hervé Bourmaud et Olivier Marien, qui se relaient, et nos amis scientifiques, pour leur engagement incroyable. Hervé va prendre quelques semaines de vacances bien méritées !
J'ai été à Beyrouth pour l'escale de Tara à la mi-décembre et cette escale a été l'occasion de faire le point avec Hervé et Olivier. J'ai pu aussi voir l'état du bateau et comment nous allons nous organiser dans les prochains mois.
Nous venons d'en vivre une car Agnès (agnès b.) était à bord de Tara ces derniers jours pour voir l'équipe et l'encourager.
Dans les mois qui viennent nous allons rentrer dans le programme de recherche sur les coraux, mené par la scientifique Francesca Benzoni. C'est très excitant car c'est un nouveau défi. Nous allons aussi observer comment le bateau va se comporter dans des zones très chaudes.
La sortie du prochain Journal Tara est prévue pour le mois de février et nous aurons aussi un premier bilan scientifique en mars.
Et enfin n'oublions pas que 2010 sera l'année de la biodiversité.
Je vous souhaite d'ailleurs de très bonnes fêtes à tous. A bientôt pour une nouvelle interview et surtout n'hésitez pas à nous poser vos questions.
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1 commentaire
05/01/2010 21:22 - erlannic a dit :
Fantastique défi relevé
Ce qui m'interpelle le plus dans l'aventure Tara c'est la vision d'Etienne Bourgois portée à bout de bras vers l'extrême. Cette aventure scientifique est aussi une aventure humaine surhumaine. Magnifique.