08/12/2015


ARC - Un rallye pour une transat : 195 voiliers au départ de Las Palmas

Traverser l’Atlantique : nous en rêvons tous ou presque, sans forcément oser se lancer. Les rallyes, comme l’ARC dont nous avons suivi le départ à Las Palmas, peuvent vous aider à franchir le pas. En flottille, vous serez en effet en bien meilleure sécurité en cas de pépin sérieux. Et vous vous ferez des copains pour la suite… et peut-être pour la vie !

L’ARC, vous connaissez ? Sans doute pas, si on en juge par la faible participation française. 

Emmanuel Van Deth 

Cet incroyable Atlantic Rally for Cruiser connaît pourtant un tel succès depuis 30 ans que les organisateurs, faute de place dans la marina de Las Palmas, ont dû se résoudre à organiser deux épreuves distinctes… 

La première, l’ARC +, comptait 54 participants, lesquels ont quitté Las Palmas le 8 novembre, cap sur Mindelo, au Cap Vert, pour un nouveau départ vers Sain Lucie le 18 novembre 

Quant à l’ARC « canal historique », il rassemblait 201 bateaux de 27 nationalités différentes, répartis en plusieurs catégories. Les 29 régatiers purs n’ont pas droit d’utiliser le moteur. Les autres – 146 monocoques et 20 multicoques, dont un Neel 45 -, seul trimaran. 

Une savante formule permet néanmoins de classer les « croiseurs », tenus de communiquer – sans tricher s’il vous plait ! - leur temps de moteur quotidien. 

Emmanuel Van Deth 

Le gros des troupes est constitué d’anglais (67 bateaux), d’Allemands (31 unités) et de Norvégiens – ils sont 16. Les Français, seulement représentés par 7 voiliers, se font donc bien discrets. Pourtant, nous avons bien eu nos rallyes, nous aussi ! On se souvient bien  sûr de la Transat des Alizés et celle des Passionnés. Trois raisons peuvent expliquer cette relative désaffection. Tout d’abord, la barrière de la langue ne doit pas être négligée : si vous ne parler pas un mot d’anglais, il vous sera difficile de vous lier aux autres équipages. Ensuite, l’ARC exige un équipement de sécurité très complet. Chaque bateau doit être en mesure de donner sa position tous les jours et avant le départ, les organisateurs passent en revue tous les voiliers. Balises, gilets auto-gonflants, lignes de vie : le poste sécurité est passé au crible. On connaît des skippers moins réticents que les Français aux contrôles… Ajoutez pour finir l’incroyable tohu-bohu que représente 1.116 marins dans une marina, et vous comprendrez pourquoi l’ARC ne séduit pas forcément les pavillons bleu-blanc-rouge. Et c’est vraiment dommage. 

L’ambiance sur les pontons de Las Palmas est en réalité extraordinaire 

Emmanuel Van Deth 

ntre avitaillements gargantuesques et bricolages système D de dernière minute, le spectacle mérite d’être vécu. 

Et les enfants ? Ils sont 32, et déambulent en grappes, à pied ou à vélo et s’invitent à dormir sur leurs bateaux, même s’ils ne parlent pas la même langue ! 

Emmanuel Van Deth 

Les organisateurs, entre grandes fêtes en plein air et feu d’artifice, leur proposent même des activités comme des régates en Optimist. Soyons francs : si vous recherchez la solitude et la tranquillité, ce rallye n’est pas pour vous. Contentez-vous du mouillage, moins pratique mais gratuit, situé juste au nord du port. Mais pour les autres, désireux de partager l’aventure que représente une transat, les prestations offertes sont particulièrement intéressantes : épreuve de ralliement à Lagos (Portugal), possibilité d’amarrage à la marina de Las Palmas - la plupart des bateaux arrivent début octobre -, rallye retour vers l’Europe ou tour du monde, l’ARC peut répondre à tous les programmes. Idéal pour ceux qui souhaitent naviguer sans se prendre la tête. 

Parlons gros sous 

Emmanuel Van Deth 

En moyenne, une inscription à l’ARC coûte 1.500 euros. Ces frais importants sont en partie amortis par les tarifs portuaires, plus avantageux. Mais l’argument choc des rallyes, c’est bien la sécurité. Les organisateurs, en contact quotidien avec tous les skippers, sont à même à faire intervenir un voilier tout proche en cas de naufrage, démâtage ou bris de safran. 

L’impressionnante flotte, diminuée de seulement six voiliers qui ont déclarés forfait, a pris le départ comme prévu le 23 novembre. Avec un alizé établi à 25 nœuds et une belle houle de 2 mètres, les voiliers se sont vite éparpillés sur l’horizon. Le spectacle a été assuré par le Volvo Team-Brunel : malgré un départ plutôt timide, le racer s’est envolé à près de 20 nœuds sous gennaker, distançant la flotte avec une aisance incroyable… 

Record à battre de l’épreuve – établi l’an dernier par un Farr 100 - : 8 jours 14 heures, 39 minutes et 51 secondes… 

L’ARC en chiffres

  • Emmanuel Van Deth 

    18 à 21 jours : c’est le temps moyen qu’il faudra pour couvrir les 2 .700 milles du parcours.
  • 206 voiliers sont inscrits. 6 n’ont pas pris le départ en raison de problèmes techniques.
  • 1.116 membres  d’équipages, dont 32 enfants. 17 % sont des femmes, dont 4 skippers.
  • 9,40 m, c’est la taille du plus petit voilier, l’Hallberg Rassy 310, mené par un couple d’Allemand basé en Norvège.
  • Le plus grand voilier est Farfalla, un yacht de charter de luxe de 31,7 mètres.
  • La longueur moyenne des bateaux est de 15,29, contre 14,30 m en 2008.
  • 11 ans : c’est la moyenne d’âge de la flotte – elle était de 5 ans en 2008.
  • 21 unités sont des Bénéteau. le chantier vendéen est le plus représenté.
  • 20 multicoques sont inscrits à l’ARC, contre 15 en 2008. Les plus représentés sont les Lagoon, avec 13 unités.

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