16/04/2007


Océanopolis - Roland Jourdain et Jean-Louis Etienne en direct du pôle nord

Roland Jourdain et Jean-Louis Etienne en direct du pôle nord pour l'inauguration de « Voyages aux pôles » à Océanopolis Brest !

Dédiée à la découverte des régions polaires Arctique et Antarctique, la nouvelle exposition temporaire d'Océanopolis Brest, « Voyages aux pôles », était officiellement inaugurée à 18h ce vendredi. Parmi les nombreuses personnalités présentes, deux invités « surprise » en direct des pôles : le navigateur Roland Jourdain, à bord du voilier Vagabond, au Spitzberg, et Jean-Louis Etienne, qui entreprend son expédition en dirigeable au-dessus de l'Océan Glacial Arctique. 

Après la découverte de l'espace de 200 m² consacré à l'impact du changement climatique sur le fonctionnement des océans, puis la visite des 650 m² de l'exposition "Voyage aux pôles", dédiée aux territoires Arctique et Antarctique, l'assistance s'est rendue à l'amphithéâtre d'Océanopolis où les attendait une surprise. 

« Témoins du Grand Nord » : les yeux d'Océanopolis aux pôles 

Afin de compléter les informations dispensées dans l'exposition "Voyages aux pôles", Océanopolis a décidé de monter sa propre expédition en Arctique. Yann Le Nozer'h, l'un des commissaires de l'exposition, a en effet accompagné le navigateur Roland Jourdain, vainqueur de la dernière Route du Rhum en monocoque 60 pieds, à bord du voilier d'Éric Brossier, Vagabond, actuellement pris dans les glaces au Spitzberg. À travers le regard de Yann Le Nozer'h et celui de Roland Jourdain, il s'agit d'apporter un témoignage de terrain. 

Skippeur aguerri à presque toutes les mers du globe, Roland Jourdain n'avait en effet jamais foulé le territoire Arctique. Et c'est avec l'enthousiasme qui le caractérise qu'il a accepté d'être l'un des « Témoins du Grand Nord » d'Océanopolis. En liaison audio avec l'auditorium, il nous livre, ému, ses premières impressions depuis les glaces du pôle nord : "C'est merveilleux, déroutant, on s'y sent libre, comme sur l'eau. Ici, c'est pareil. On a la chance d'être avec des gens qui connaissent l'endroit comme leur poche. De la même façon qu'en mer, il faut se faire humble et demander aux éléments la permission de rester. La banquise craque, tel un vieux gréement. On a l'immense privilège ici de voir des merveilles de la nature. Gardons cette richesse, tâchons de consommer le moins d'énergie possible pour préserver ce qu'on a !" 

Scientifique de formation, Éric Brossier, propriétaire de Vagabond, accueille régulièrement à bord des scientifiques en mission. Vagabond sert notamment de base pour les chercheurs du programme Damoclès. Sa connaissance du milieu Arctique et sa présence sur site depuis plusieurs années font également de lui un "Témoin du Nord" unique sur l'évolution de l'environnement et de la faune locale. "La grande question que se posent les chercheurs de Damoclès est : quand la banquise de l'Océan Arctique disparaîtra-t-elle ? On sait, que cela se produira d'ici trente à soixante ans. On voudrait pouvoir estimer, envisager les conséquences d'un tel phénomène. D'où l'opportunité de mettre en place un vrai réseau d'observation automatique et fiable." 

En raison de problèmes techniques, la liaison prévue en direct de la banquise Arctique avec Jean-Louis Étienne n'a pu se faire. Le médecin-explorateur teste actuellement à une trentaine de kilomètres du pôle nord le matériel de son nouveau défi polaire. Il s'agit pour lui de survoler l'Océan Glacial Arctique en dirigeable, pour mesurer l'épaisseur de la banquise. "Valeur de référence, cette mesure permettra, par la suite, d'évaluer l'impact des actions du monde sur le climat à partir d'un repère commun, celui de l'Année Polaire Internationale". L'aventure de Jean-Louis Etienne vient juste de débuter ce soir et connaîtra son apogée en 2008. 

Henriette Rasmussen, ancien ministre de la culture du Groenland, a évoqué les difficultés rencontrées par l'ensemble des tribus Inuit en raison du changement climatique : "Le fait du réchauffement climatique éloigne les Inuit et les animaux. La banquise fond et devient très fine. Les Inuit ne peuvent plus s'y déplacer aussi facilement pour chasser ; ça devient dangereux, pour l'homme, mais aussi pour les phoques. Si les bébés phoques ne trouvent plus d'endroit pour se reposer, ils disparaîtront, et les ours polaires, qui se nourrissent de phoques, ne survivront pas." 

Animée par Allain Bougrain-Dubourg, parrain des expositions d'Océanopolis, la soirée a également vu se succéder les interventions de François Cuillandre, maire de Brest ; Gérard Jugie, directeur de l'IPEV, qui s'est exprimé sur l'Année Polaire Internationale ; Sylvie Joussaume, par téléphone, climatologue au CNRS et marraine de l'exposition, sur l'évolution climatique ; Jean-Christophe Victor, directeur du LEPAC, fils de Paul-Émile Victor et parrain de "Voyages aux Pôles", sur la géopolitique du changement climatique ; Sylvie Téveny, association INUKSUK, sur les Inuits et leur adaptation aux saisons... 

... Avant de laisser le mot de la fin à Éric Hussenot, directeur d'Océanopolis : "L'une des missions d'Océanopolis, voulue par les collectivités territoriales, est ce lien fort avec les milieux de la recherche océanographique. L'Année Polaire internationale et l'IPEV, ancré à Brest, sont une occasion en or d'évoquer pour le grand public les régions polaires d'autant plus qu'Océanopolis est l'un des rares équipements en Europe à présenter un pavillon dédié à l'Arctique et l'Antarctique, aux côtés des pavillons tropical et tempéré. Toute cette activité serait impossible sans l'aide de Brest métropole océane, du Département du Finistère, de la Région Bretagne et de notre partenaire Elyo-Suez." 

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