13/11/2004


Neil Pryde RS : X et Laser Radial deviennent séries olympiques

Ils remplacent Mistral et Europe en planche à voile et dériveur solitaire féminin.

L´assemblée générale annuelle de l´ISAF (Fédération internationale de voile) a lieu actuellement à Copenhague. Les marins hommes et femmes de l´année - « ISAF Rolex world sailing of the year » - y ont été désignés mardi. Ce sont le brésilien Robert Scheidt, champion olympique en Laser, et les grecques Sofia Bekatorou et Emilia Tsoulfa, médailles d´or en 470, qui ont été sacrés. Francis Joyon chez les hommes et Faustine Merret chez les femmes faisaient partis des nominés. Mais le point fort de cette semaine résidait dans le choix des supports olympiques pour Pékin. 

La nouvelle est tombée ce vendredi après le vote des nations : en planche à voile homme et femme, la Mistral One Design, support olympique depuis 1996, est détrônée par la « Neil Pryde RS :X » tandis que le Laser Radial remplace l´Europe, série olympique depuis 1972, pour les dériveurs solitaires femmes. Les votes ont été sans appel : 26 pour la Neil Pryde, auparavant recommandée par le bureau de l´Isaf, contre 12 pour la Mistral et 24 pour le Laser contre 12 pour le maintien de l´Europe. 

Si le Laser Radial existe comme classe internationale depuis des années - ce dériveur long de 4,23 mètres, large de 1,42 mètres, plus lourd que l´Europe et disposant d´une surface de voile de 5,76 m² a été dessiné par Bruce Kirby en 1970, - il n´en est pas de même pour la Neil Pryde RS :X. Seuls trois prototypes de cette planche voulue plus hybride, à mi-chemin entre la Mistral et la Formula One, ont pour le moment été testés. A noter que si l´ISAF a retenu le flotteur et le principe d´un gréement unique, les caractéristiques de celui-ci restent à définir. Réactions de l´encadrement de l´équipe de France et de nos représentants à Athènes en planche.  

Ce qu´ils en pensent à la FFV
* Philippe Gouard, DTN : « Nous venons de nous consulter avec Claire Fountaine et nous nous rejoignons dans notre analyse. La nouvelle planche est plus hybride, à mi chemin entre la Mistral et la Formula One qui a été retenue pour les Mondiaux ISAF de Marseille. Chez les filles, elle devrait favoriser des gabarits plus importants que ceux qui avaient cours en Mistral. C´est évidemment une interrogation pour nous puisque Faustine Merret ou Lise Vidal peuvent être considérées comme des gabarits légers. Restent deux incertitudes : le gréement n´est pas choisi et il nous faut très rapidement analyser le plan d´eau de Pékin en y allant et en rassemblant les données météos passées. Chez les hommes nous devrions être moins gênés car à priori nous disposons des gabarits nécessaires. C´est évidemment une remise en question pour nous car nous avions de solides acquis dans cette série et il va falloir vite nous adapter.
Pour le dériveur nous avions développé une filière Europe qui devient caduque. Le Laser radial est un pur monotype. Il nécessite davantage de puissance et de gabarit mais à priori nous sommes bien pourvus. Le travail tactique, stratégique, physique va de venir essentiel alors que nous avions pas mal travaillé le développement du matériel. Nous n´avons pas de véritable filière Laser radial en France donc nous allons devoir acheter rapidement du matériel. Dans les deux cas nous allons nous appliquer à réagir rationnellement ».
* Pascal Chaullet, entraîneur planche à voile femme : « Nous entrons dans une phase d´incertitude puisque ce support n´existe pas. Quand la Mistral avait été désignée en 1996 il existait déjà une classe et des compétitions. Là ce n´est pas le cas. Cela va nous obliger à être attentiste, les planches ne devant pas être disponibles avant le début 2005 et il est à prévoir des modifications sur le flotteur après les tests qui vont être effectués. Il va y avoir une phase importante de mise au point et de découverte. On ne connaît pas non plus le gréement. Je pense que question format des coureurs on sera dans une fourchette haute des Mistral et une fourchette basse des Formula. »
* Faustine Merret, championne olympique à Athènes, vendredi midi : « Il y a une heure encore j´étais persuadée que notre bonne vieille Mistral allait perdurer pour 4 ans de plus, en attendant que sa succession fasse ses preuves. Et bien non, nous voilà devant le fait accompli. Ma première pensée est plutôt négative. Globalement je trouve que l´avis des coureurs n´a guère influé sur ce choix.
Je ne refuse pas ce changement mais je le trouve simplement risqué. Des interrogations demeurent : il s´agit en effet d´une planche qui n´a jamais régaté et qui a été développée en 3 mois. Il en existe aujourd´hui trois exemplaires au monde et elle ne cumule ainsi que quelques heures de navigation.
Techniquement, elle ne va faire qu´augmenter les différences de gabarit et restreindre la polyvalence. Pour faire vite les poids plumes béniront le petit temps et ne pourront lutter dans la brise. La problématique sera exactement l´inverse pour les grands gabarits. Reste que le gréement n´a pas encore été choisi et que l´on pourra peut-être atténuer cette impression selon celui retenu. En outre il est à prévoir des modifications sur le flotteur et l´aileron va changer. On va l´essayer ».
* Julien Bontemps, champion du Monde de Mistral 2004 : « C´est un choix étonnant. Il n´y a pas de circuit en place, quasiment pas de tests effectués. Le principe d´une planche plus fun est plutôt bien mais dans ces conditions je trouve cela précipité. Maintenant c´est fait ».
* François Le Castrec, entraîneur Laser Hommes : « C´est un bien car ce sera vraiment de la monotypie puisque le support est livré dans un plastique et tiré au sort. A Athènes je pense qu´en Europe le poids moyen de l´athlète était de 63 kg, là ce devrait être autour de 67 ».
* Pascal Lacoste, entraîneur Europe : « Nous avions débuté un travail en vue de Pékin avec mon groupe de filles et nous n´irons pas jusqu´au bout. C´est dommage car le niveau progressait. Maintenant c´est fait et il faut s´adapter. De plus je pense que la majeure partie de l´équipe sera la même. L´adaptation devrait se faire rapidement car nous avons déjà eu de très bons résultats dans cette nouvelle série. Cela reste un dériveur relativement lent qui réclame les mêmes qualités tactiques. Il est plus lourd et devrait réclamer des plus grands gabarits mais nous avons les filles pour cela. Je pense notamment à Sophie de Turckheim, Solenne Brain, Sarah Steyaert. La fourchette idéale devrait être entre 64 et 70 kg. C´est sûr que notre sélectionnée à Athènes, Blandine Rouille, n´est pas la plus favorisée mais si elle prend un peu de poids, son intelligence tactique peut lui permettre de rester compétitive. » 

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