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Le magazine de la voile sur internet
03/11/2011
Le chantier a repris des allures de ruche, les copeaux volent et le barrotage s'apprête à recevoir plat-bord et lattes de pont.
Parallèlement, les commissions mature, gréement, motorisation et électricité peaufinent leur organisation pour passer à l'action dés le bateau fermé, mi-janvier selon les prévisions. En effet, il se confirme que pour respecter le budget initial, les bénévoles seront appelés à donner de leur temps sur les postes où l'expertise des compagnons du Guip s'avère superflue. Entre-temps, l'équipe a récupéré un treuil de dundée dans la rivière de l'Aven, dont Michel Philippe, au nom de la commission scientifique, nous décrit ici l'aventure.
Bonne lecture et à bientôt.
Les navires en bois naissent… dans les bois. Ceux dont on a fait le Victory avaient été coupés plus de 60 ans avant Trafalgar… La quille de Biche provient d’un chêne probablement planté avant Waterloo en forêt de Compiègne.
Le domaine du patrimoine maritime nous amène bien naturellement dans les bois et les forêts. L’intimité sylvestre de l’"Argoat" avec notre domaine maritime l’"Armor" font que l’Estran breton nous réserve parfois de délicates coïncidences.
Voilà que William VOGEL, en fait précédé de quelques 20 années par Jacques Blanken, repèrent une épave de Dundée dans un lieu agréablement nommé Poul Gwin (*La crique au vin). Elle git dans un ravissant bras de l’Aven loin de tout mouvement de houles résiduelles.
Sous les ombrages d'Ifs et de châtaigniers, centenaires eux aussi, la coque en s’effondrant offre à notre concupiscence… un guindeau.
Depuis deux ans Léon Le Corre s’échine à trouver guindeau à notre pied pour Biche. Pour cela il parcourt les vasières ombragées et les havres de nos cotes. Cà et là quelques treuils pour le halage à sec des embarcations subsistent dans des anfractuosités improbables.
Sur les indications de William aidé de la documentation photographie ancienne de Jacques, Léon entreprend l’étude et toutes les démarches administratives dans le but d’une récupération du guindeau de « Poulgwin ».
Une fois cette besogne ingrate accomplie nos amis de la société Ys Mar basée à Lorient, acceptent d’opérer l’enlèvement de cette pièce à l'occasion de travaux dans l'Aven avec leur barge qui à elle seule mérite une étude.
J’aime les bateaux de « service » bien adaptés à leur tache par leurs structures et leurs emménagements. Le modernisme le plus pointu est affecté aux taches les plus difficiles. Celle barge, conçue pour la mise en place et à l’entretien des milliers de corps morts mouillés dans nos rivières, fait penser à une petite gabarre type Cigale de la marine mâtinée d’une péniche de débarquement. Une propulsion adaptée, de solides superstructures panoramiques et une grue télescopique hydraulique lui confèrent avec un tirant d'eau minime des capacités d’adaptation à d’innombrables situations.
La prise en main de Biche dans sa crique cimetière marin nous a familiarisés avec les activités en vasières. Aussi Michel se joint il à Léon pour une opération de libération du treuil à structure métallique. Ils assurent le passage d’élingues sécurisées avec, un mètre au-dessus du niveau attendu de la prochaine marée, une bouée rouge comme repère. Simultanément l’appareil photo de l’association crépite et le pied à coulisse permet un bon relevé de cotes des montants et des bittes avant abandon sur place.
La vase est certes profonde par endroits ; bottes et cirés en prennent pas mal mais finalement le lieu est sain et d’ailleurs pourvu non loin d’une de ces fontaines et lavoirs dont les vallons bretons ont le secret… Rinçage aisé et retour « propre » à la maison.
Le flot présente à l’heure dite notre barge qui pare notre bouée, et accoste comme une fleur notre « tour Eiffel » d’élingues. Commandés par un puissant haut-parleur de passerelle nos amis crochent les élingues et notre guindeau sort de l’onde ruisselant sur les reflets de la crique.
Pour couronner-le tout le haut-parleur nous déclare que l’élingage était parfait : "Professionnel" !
Un dernier cliché sous les ramures du rivage et notre barge amie nous quitte pour Lorient. Mission accomplie compliments du professionnel. Que demander de plus ?
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