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Le magazine de la voile sur internet
29/07/2006
Si les Fêtes maritimes ont choisi pour thème cette année la sécurité en mer, la préservation du patrimoine maritime sous tous ses aspects reste l'âme et l'essence même de la manifestation douarneniste.
Preuve en est, le débat qui s'est tenu aujourd'hui au Café des gens de mer. Architectes navals, charpentiers de marine, associations et journalistes ont fait partager leur savoir-faire et leurs convictions à un public connaisseur visiblement sensible à ces valeurs de tradition et de respect de la mémoire collective.
Une chose est certaine, Douarnenez est définitivement devenue la capitale des marins et passionnés soucieux de la sauvegarde et de la valorisation de l'héritage maritime. Cet après-midi, le Café des gens de mer a pris une dimension multiculturelle. Basque, breton, girondin, américain ont échangé leurs points de vue et évoqué leurs actions dans ce beau combat pour la survie et la renaissance des bateaux anciens.
Réunis autour des mêmes valeurs.
Très vite, le constat était clair. Quelle q ue soit l'origine des intervenants, leurs motivations restent les mêmes. Ils évoquent, en effet, comme point de départ de leur passion, la tristesse de voir s'échouer et disparaître ces bateaux, témoins du passé. Pour François Vivier, architecte naval, cette démarche, au départ personnel, est devenue une évidence lorsqu'il a senti, il y a une vingtaine d'année que « quelque chose se perdait... ». Bernard Cadoret, Directeur de la rédaction du Chasse-Marée,, situait, également, à la même période, la naissance de cette prise de conscience devenue peu à peu collective. Yann Mauffret, responsable du chantier du Guip à Brest, évoquait son propre parcours en indiquant que s'il était devenu charpentier naval, c'était en premier lieu par amour de la mer, puis, dans un deuxième temps, c'est l'histoire de ces « vieilles coques » qui l'a rattrapée. Cet expert de la construction navale en bois massif a ensuite expliqué à l'assistance la difficulté de son travail. En effet, il est plus facile de construire ou de reconstituer un bateau lorsque l'on a le marin en face de soi, or aujourd'hui, il n'a quasiment plus de témoins de ces époques où le bois était roi. Ainsi, c'est un travail de tracé minutieux à base de plans et de recherches iconographiques.
Poésie, chanson et instants magiques...
Une explication à laquelle ne pouvait que souscrire Julian Stone, Président de l'Association &la quo; De Navigatio ». Son domaine : l'Archéo-Navigation. Il s'agit de reconstituer les bateaux antiques ou médiévaux et là, bien entendu, ce travail de recherche est d'autant plus capital. Mais, ce jeune passionné d'histoire milite aussi pour l'Eco-Navigation. En effet, pour lui, cette démarche historique doit aller de pair avec le respect de l'environnement. Propos qui corroborent totalement avec la vision de Xabi Agote, Président de l'Association « Albaola ». Celui-ci voit dans la sauvegarde du patrimoine maritime l'opportunité de préserver les origines socioculturelles qui entourent le bateau lui-même Ainsi, le respect de la langue d'origine dans les termes marins est essentiel. Il voit aussi dans sa démarche un but humaniste et poétique. Basque d'origine et de coeur, il a conquis très vite l'assemblée en qualifiant Douarnenez de « sanctuaire europ& eacute;en du patrimoine maritime ». Accompagné de plusieurs membres de son association, il a définitivement emporté l'adhésion du public en invitant celui-ci à reprendre en choeur une chanson traditionnelle basque. Ce chant du XVIe siècle en vers et relatant les voyages dans les terre-neuvas, a conclu de la plus belle des manières cet après-midi de rencontre où, de nouveau, la magie du Café des gens de mer a opéré.
Programme du Café des gens de mer du dimanche 30 juillet
14H00 : La SNSM
17H30 : Sécurité en mer et en montagne : le risque calculé.
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