26/05/2010


Biche - Mise en place du bordage

Les compagnons du Guip ont bravé les intempéries pour parachever la levée des membrures, et maintenant qu'elles se dressent toutes en bon ordre vers le ciel, les travaux de bordage vont commencer.

La finesse et la complexité des formes arrières demande de commencer par ces pièces qu'on nomme "cormiers". Formant l'angle du tableau arrière et le prolongement des préceintes, elle sont littéralement sculptées à la demande, aucun bois ne pouvant, contrairement aux bordés, être ployé sur de telles formes. 

On devine le bonheur de ceux qui ont la chance de pouvoir assister, grâce à leurs visites régulières du chantier, à la mise en forme et en place de telles pièces, cachées au regard une fois le bateau fini. 

Grâce à l'embauche d'une permanente, Gaëlle Bernard, le site est désormais ouvert tout au long de la semaine, du lundi au samedi, et les bénévoles se relaient (sauf le samedi) pour assurer les visites du chantier. Nous avons étoffé notre gamme de produits estampillés Biche, avec des Opinels à manche de chêne, et des vareuses très confortables qui vous mettront dans la peau d'un authentique bosco lors de votre prochaine virée en bord de mer. Blague à part notre local, "le Carré du Biche", offre désormais une escale agréable entre le port de pêche et l'espace Tabarly, avec possibilité de prendre un café ou un rafraîchissement en terrasse. 

Parallèlement à l'avancement des travaux, l'équipe progresse dans ses recherches sur l'équipement du bateau. Des relevés de cotes sont effectués sur les épaves de thoniers échoués dans le Blavet, qui lui permet, par recoupements photographiques d'époque, de situer avec exactitude les caractéristiques et emplacements de divers guindeaux, ferrures, taquets et autres détails d'accastillage. L'équipe a également retrouvé des voiles d'époque qui aideront le futur maître-voilier à garantir l'authenticité de ses réalisations. 

"Notre partenaire Grec Marine, accastilleur des meilleurs voiliers de course au large actuels, nous a proposé ses premières ébauches de poulies. Leur caisse sera en frêne, le meilleur bois à défaut de pouvoir trouver de l'orme. Elles seront traitées avec un mélange d'huile de lin, kerdane et siccatif pour les prévenir de la pourrissure. Les réas proposés seraient montés sur aiguilles, parce que c'est le modèle courant produit par la société et qu'un modèle plus basique ne coûterait pas moins cher tout en étant moins performant. Enfin, leurs ferrures seront en fer galvanisé et seule la poulie de drisse de flèche sera entièrement métallique, comme cela se faisait sur les thoniers, à cause de la drisse en chaîne d'acier utilisée pour prévenir la torsion de la vergue de flèche.  

Nous avons également lancé une réflexion sur la motorisation, puisqu'il faudra bien un moyen de propulsion assurant en toute sécurité les man˛uvres de port, et d'une manière plus générale la sécurité du bateau. Biche avait été motorisé en 1974, soit quarante années après son lancement, ce qui en dit long sur le savoir faire de nos anciens. C'est son patron anglais de l'époque, Charles Booth, qui avait sauté le pas pour garantir au mieux son activité de charter de plaisance. Hélas, comme ce fut souvent le cas sur de purs voiliers, la motorisation avait entraîné des modifications peu avantageuses pour Biche. Il avait fallu ajouter un énorme massif pour allonger l'étambot et modifier le safran pour loger une hélice de prés 70cm de haut. Le moteur placé très en arrière pénalisait l'assiette du bateau, la plan anti-dérive reculé diminuait ses qualité d'évolution, et moteur en route, la poussée de l'hélice faisait s'enfoncer la poupe plus que de raison, phénomène compensé sur les bateaux à moteur par des formes de carène élargies à l'arrière. 

Avec une voûte plus délicate qu'un cul de goëland, pas question de reproduire la même erreur. 

Nous sommes donc tombés d'accord sur une motorisation en tandem. Après avoir étudié la question sous tous ses aspects, la transmission qui s'impose est celle de l'arbre d'hélice. 

En ce qui concerne la "fourniture de puissance", le consensus n'est pas encore trouvé. La solution simple d'un moteur diesel par arbre d'hélice ne répond pas à l'espoir que nous avons de trouver une solution "verte". Avec l'arrivée de générateurs ne nécessitant pas de carburant d'origine fossile, nous avons soumis l'idée à une classe de l'Université de Bretagne Sud, d'une propulsion électrique, alimentée par un générateur qui couvrirait aussi tous les besoins énergétiques du bateau. Hélas, à ce jour, LA solution miracle ne nous a pas été proposée. 

Pour les considérations plus immédiates et terre à terre, la recherche de mécènes reste d'actualité, et nous entrons dans la période des animations qui nous permettent de toucher un public plus large. La première d'entre elles aura lieu les 28 29 et 30 mai autour de Biche, trois jours festifs où l'on pourra, entre une grillade de thon et un concert gratuit, observer au travail un charpentier, un forgeron, un mateloteur, et se faire expliquer par nos bénévoles les avancées du chantier." 

Site : http://www.biche.asso.fr 

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