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NEWS ET ARTICLES |
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 | |  | | Essai multicoque à voile { 10/11/2008 } | |  | |  |
| ... trois jours et regroupant les propriétaires des multicoques de croisière produits par le chantier Outremer.
Aujourd´hui, nous avons prévu de nous faire une petite idée sur l´Outremer 42 en essayant le dernier né du chantier, nouveauté 2006 ; demain ce sera au tour de l´Outremer 55, son grand frère.
Le marché du multicoque habitable est largement dominé par les productions françaises, mais c´est aussi un marché très segmenté. A son sommet, les catamarans méga-yacht, unités de prestige de plus de 70 pieds et d´un très grand luxe, qui vont connaître ces prochaines années une offre et un essor remarquables. Puis, nous avons les constructeurs de multicoques de 40 à 65 pieds, construisant des unités pour propriétaires, remarquables par leur finition et typés grande croisière pour tour-du-mondistes. Nous trouvons ensuite les chantiers spécialisés dans la grande série, avec des unités plus abordables financièrement, de 55 à 40 pieds, destinées à des propriétaires comme à la location, parfaitement adaptées pour faire de la croisière dans les îles ou une transat en famille ou entre amis, et dont la vitesse n´est que l´un des avantages, comme l´habitabilité, le confort, le soleil, ... Enfin, nous fermerons ce petit tour d´horizon par les days boats et sport boat aux vocations très particulières.
Un chantier atypique est un mélange de tout cela : c´est Atelier Outremer, constructeur de multicoques habitables à vocation grande croisière rapide, sans artifices ni finitions ostentatoires donnant du poids, mais dont la qualité première est la rapidité de déplacement et dont le prix est bien inférieur aux productions de longueur égale.
L´Outremer 42, comme toute la gamme Outremer, est né du crayon du regretté Gérard Danson, décédé en 2005. Le 42 se veut innovant par rapport à ses frères, en adoptant une ligne beaucoup plus moderne et agréable, une surface vitrée revue à la hausse, et un rouf dont les flancs sont plus marqués verticaux, prolongé d´une courte casquette. Il reprend également les ingrédients qui ont fait le succès de la gamme du chantier, et qui sont la quintessence même de la philosophie du chantier : bateau léger, coques étroites, dérives sabres, nacelle haute sur l´eau, et voilure généreuse, le tout donne des catamarans légers et très performants ! C´est pourquoi la production d´Outremer est très appréciée par les tour-du-mondiste, qui souhaitent se déplacer rapidement d´un continent ou d´une île à l´autre. Revers de la médaille, ces catamarans sont plus sensibles à la charge : attention de ne pas trop les équiper. Les coques sont plus étroites que la plupart des autres catamarans sur le marché, avec des emplacements pour les puits de dérives, qui prennent également de la place dans les coursives. Les cloisons et portes sont en sandwich nid d´abeilles recouvertes d´un mélaminé blanc. Le sandwich des coques est vaigré. Un Outremer, c´est surtout une philosophie, un état d´esprit : celui de la croisière rapide au prix de quelques sacrifices sur l´habitabilité, en comparaison à d´autres catamarans de grandes croisières.
Alors, qu´est ce qui diffère dans le mode de construction un Outremer le 42 du reste de la gamme ? Le processus de construction est radicalement différent et intègre l´infusion. La simplification de la construction a été une priorité, en limitant le nombre de pièces à assembler, ce qui influe sur le concept ; les moules intègrent désormais les aménagements sans possibilités de modification, ce qui restreint le nombre d´adaptations personnalisées aux souhaits des clients, difficile à concilier avec des impératifs de productivité.
L´intérieur du carré est spacieux, 1,90 m de hauteur. L´espace est optimisé et comprend plusieurs rangements, la table à cartes, large de 1,60 m, est intégrée dans le carré. Le coin cuisine se situe dans le carré, Madame va être contente : fini le mal de mer en navigation, avec une longue paillasse de chaque coté de la porte d´entrée, mais la place des rangements y est quelque peu comptée, d´autant que les rangements sous la banquette du carré sont utilisés pour les réservoirs d´eau, idéalement positionnés : il faudra donc répartir la nourriture sous toutes les couchettes. De chaque côté, se situe une descente. On y retrouve deux cabines doubles, plus un cabinet de toilette dans la coque bâbord et une cabine double plus cabinet de toilette avec douche dans la coque tribord, dite coque propriétaire. Les équipets pour ranger les effets personnels ne sont pas nombreux et non clos par des portes. Les couchettes à l´avant mesurent 1,25 m de large et celles à l´arrière 1,45 m. Nous sommes bien sur un catamaran de vitesse car les coursives sont étroites, autant que les coques sont fines. Le puits de dérive prend une place non négligeable mais est bien intégré dans la cloison de la salle de bain sur la coque bâbord, c´est la rançon des performances exceptionnelles des Outremer.
Après ce petit tour d´horizon, retour sur notre plan d´eau pour disputer notre régate : il est temps de regarder où sont nos concurrents, tous sur Outremer, car nous sommes à quelques minutes du départ de l´Outremer Cup, régate, conviviale mais pas moins disputée, regroupant une trentaine d´unités de propriétaires d´Outremer. Notre ligne de départ est mouillée face à la Grand Motte et le point d´arrivée final pour cette première étape est les Saintes Marie de la Mer, avec un final en remontant le Petit Rhône au moteur.
Notre équipage est totalement hétéroclite et apprend à se connaître sur le bateau, avec un représentant du chantier, un couple habitué des grandes croisières d´un an et qui prépare un nouveau départ (propriétaire d´un cata d´un chantier concurrent mais désirant se faire une opinion du 42), un futur propriétaire d´un 42 (souhaitant bien connaître le bateau avant la mise à l´eau de son unité), un père et son fils (curieux du 42) et moi-même (pour me faire une idée du 42).
Les manoeuvres sont faciles, nous hissons la GV manuellement avec le winch, il n´y a pas d´aide électrique prévue. Puis c´est au tour du foc d´être déroulé. D´immenses coffres se trouvent sur la poutre centrale, il y a de quoi y mettre ! Réglages des voiles, un winch central à l´arrière du cockpit reprend les réglages du chariot et de l´écoute de la GV : c´est très pratique. En dessous, un petit rangement accueille les écoutes afin qu´elles ne trainent pas dans le cockpit. Les autres manoeuvres sont réparties sur les winchs latéraux, mais elles pourraient également revenir sur ce winch central : c´est une idée bien pratique que j´ai déjà vue ailleurs !
Top départ, nous franchissons la ligne de départ en milieu de peloton : pas mal, avec ce petit vent de force 1 à 2. Les virements de bord passent avec facilité, il est vrai que le foc, auto-vireur, est particulièrement pratique pour les enchaîner. La dérive sous le vent est baissée à fond et l´équipage à chaque changement d´amure s´affaire pour remonter la dérive au vent et descendre celle sous le vent. Malgré nos efforts, nous commençons à nous faire largement distancer par le reste de la flotte, explication : nous naviguons avec comme voile d´avant un foc, alors que toutes les autres unités sont sous gennacker : bref, nous manquons de toile et de puissance au près, sous toilés, nous ne pourrons comparer nos vitesses avec le reste de la flotte, dommage.
Je prends la barre afin de goûter au plaisir d´être sur ce bateau. Sur le 42, il n´existe qu´une barre à roue, située sur bâbord et sur le cockpit. Bâbord amure, la visibilité est excellente, sur l´autre amure, le champ de vision est plus restreint. Petite déception : la barre est hydraulique, autant dire que je ne sens rien ! Pour un catamaran performant comme le sont les Outremer, avec lequel on peut s´amuser à barrer en jouant avec le vent pour le plaisir et pour gagner 1 à 2 noeuds par rapport à un simple pilote automatique, je me trouve frustré... Explication du chantier : « Nous avons choisi l´hydraulique pour deux raisons, la sécurité : nos bateaux faisant le tour du monde, à nos yeux, un système hydraulique est plus fiable qu´un système à drosse ; seconde raison : ce bateau (comme tous les Outremer), est un assemblage de plusieurs modules, il était techniquement compliqué de faire passer des drosses par un circuit restant simple ! » Il est vrai qu´en croisière, un catamaran navigue essentiellement sous pilote, mais sur un Outremer, j´en attendais plus à la barre ... je reste donc sur ma faim mais il faut faire avec ce choix conceptuel ! Autre petite constatation, il n´y a pas de siège à la barre, et le passage pour aller du cockpit aux coques passe par le poste de barre, donc s´il y a un barreur, le passage est bloqué.
Pour nous remettre de notre manque de toile, nous décidons de nous offrir un bon « gueuleton ». La banquette arrière est accueillante et intégrée au moule du cockpit, nous mettons en place la petite table, y prenons place et profitons de cette superbe navigation.
Heureux que nous sommes, le vent vient à monter et nous voyons notre speedomètre progressivement accélérer, preuve que le 42, avec la bonne toile, en a sous le pied, de quoi vous raccourcir les distances, ce qui est bien là toute la philosophie des Outremer.
Caractéristiques techniques :
Architecte : Gérard Danson
Longueur : 13,10 m
Largeur : 7,00 m
Tirant d'eau : 0,70 / 2,30 m
Déplacement en charge : 6,4 / 9 T
Voilure :
Mât hauteur : 17,90 m
Grand-voile : 65 m²
Solent : 29 m²
Gennaker : 65 m² (option)
Spinnaker : 98 m²
Homologation CEE : catégorie de navigation hauturière 8 personnes, catégorie de navigation côtière 10 personnes
Tirant d'ai : 21,30 m
Motorisation : 2 x 29 cv réels / 2 x 20,1 kw
> Points Négatigfs :
- portance des coques si le bateau est surchargé
- largeur des coursives
- univers très blanc, très polyester
- une seule barre à roue
- passage cockpit / pont encombré par la barre à roue
- bastaque
> Points positifs
+ Esthétique
+ performance sous voile
+ hauteur de la nacelle
+ rapport prix / performance
Texte : Pierre Wasselin
Photos : Pierre Wasselin |
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